La grève entamée le 27 septembre se poursuit à la raffinerie TotalEnergies de Gonfreville-L'Orcher, près du Havre, au lendemain d'une journée de mobilisation interprofessionnelle.
"Le mouvement est reconduit sur la plateforme Normandie, avec un gros taux de soutien et toujours le même taux de mobilisation" a déclaré mercredi 19 octobre, un membre de la CGT, à l'issue de la réunion entre les salariés qui s'est tenue à 13 h 30 sous une tonnelle, à l'abri des micros. Selon Ludovic Desplanches, élu de ce même syndicat, le taux de grévistes avoisine depuis le début de la grève, 80 à 85 % à chaque quart. "Nous demandons 7 % de hausse comme rattrapage pour compenser l'inflation sur les salaires 2022 et 3 % de hausse pour couvrir les bénéfices records" rappelle-t-il.
"On perd aujourd'hui pour gagner plus à l'avenir"
Pour tenir financièrement, une caisse de grève est abondée par les salariés qui sont dans l'impossibilité de faire grève ou par les grévistes contraints de travailler pour assurer la sécurité de la raffinerie, et donc rémunérés. Certains expriment aussi leur volonté de ne pas lâcher, après 23 jours de conflit social. "On perd de l'argent aujourd'hui pour gagner plus dans l'avenir, espère Ludovic Bénard, opérateur. S'il faut faire un crédit ou être à découvert, on fera avec". Ce salarié, qui travaille depuis 17 ans chez Total, indique toucher 2 480 € bruts par mois. Malgré deux enfants encore à charge et une compagne en recherche d'emploi, il a voté la reconduction de la grève : "Cela fait trois semaines, mais on est toujours aussi motivés. La direction lâchera avant nous. Je perds de l'argent, mais je pense que Total perd plus que nous quand la raffinerie est à l'arrêt."
Ludovic, gréviste quelques heures par jour
Mercredi, les grévistes ont reçu le soutien d'une trentaine de syndicalistes venus en bus de région parisienne, qui ont versé 5 000 euros à la caisse de grève.
Un chèque de 5000€ a été versé à la caisse de grève.
La CGT n'a pas signé l'accord salarial conclu entre la direction et deux syndicats (CFE-CGC et CFDT, majoritaires au niveau du groupe mais pas chez les raffineurs), qui prévoit 5 % d'augmentation générale en 2023, des hausses individuelles et une prime de 3000 à 6 000 €.
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