Elle le dit elle-même. Elle n'a pas été touchée personnellement, ni dans son entourage, par le cancer du sein, le plus fréquent et le plus meurtrier chez les femmes. Son engagement relève "de la solidarité féminine". Impossible pour Émilie Cocatrix, couturière de la boutique JML Couture à Pavilly, de ne pas se sentir concernée. Elle participe d'ailleurs chaque année à ces grandes courses solidaires, comme la Barentinoise. Il y a deux ans, elle est contactée par la Ligue contre le cancer, qui cherche des couturières pour réaliser des coussins très spécifiques, destinés à apporter un peu de confort à celles (et ceux) qui ont subi une intervention.
"Aujourd'hui tout va bien, mais demain on ne sait pas"
"Je me suis dit pourquoi pas ! Ça met aussi en avant notre savoir-faire", explique-t-elle. Voilà deux ans désormais qu'elle confectionne en octobre, avec des volontaires, ces coussins, qu'elle remet ensuite au centre Becquerel de Rouen. "Aujourd'hui tout va bien, mais demain on ne sait pas. Pas besoin d'être face au danger pour agir." Cette année encore, une vingtaine de femmes sont passées par sa boutique, samedi 1er octobre, pour mettre la main à la pâte. "C'est un moment très convivial, entre femmes. Certaines viennent et emmènent le coussin pour une collègue de travail par exemple." Émile Cocatrix, quant à elle, fournit l'ensemble du tissu et du matériel pour ces pièces qui sont très normées. Les instructions sont d'ailleurs envoyées par la Ligue contre le cancer, avec des mesures précises à respecter. "Le tissu doit être 100 % coton. Aucune fantaisie n'est permise, à part le tissu en lui-même. Le rembourrage doit peser précisément 170 g. Pas plus, pas moins", décrit la professionnelle. Les coussins sont en forme de cœur et doivent être placés sous l'aisselle pour soulager la patiente en créant un point de compression.
Cette année, Émilie Cocatrix laisse ses coussins à disposition, dans sa boutique, depuis mardi 4 octobre. Les femmes concernées pourront venir les chercher et, si elles le souhaitent, faire un don pour la Ligue ou l'association Tournesol Rose de Barentin, qui œuvre pour apporter un peu de bien-être aux patientes. "J'espère qu'elles oseront passer la porte de la boutique. Beaucoup ont droit à ce genre d'aides mais ne le demandent jamais", indique-t-elle. Si une trentaine de coussins a été fabriquée, la couturière précise bien qu'elle ne fermera pas sa porte. "Si on m'en demande un et que je n'en ai plus, je le ferai !" Et si au contraire il lui en reste sur les bras, elle les déposera à nouveau au centre Becquerel de Rouen, où ces coussins peuvent être demandés toute l'année.
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