Mathias Villers, 22 ans, est un champion de trottinette. Il a remporté le Festival international des sports extrêmes (FISE) le 27 août dernier, sur la plage du Havre. Le jeune homme s'est imposé sur un skatepark qu'il connaît bien. Le rider n'est pas Normand (il est né à Saint-Nazaire, en Loire-Atlantique, où il vit actuellement), mais Mathias Villers a passé toute son enfance entre Etretat et Le Havre. "La famille de mon père est d'Etretat. C'est là que j'ai grandi avec mes amis. J'y ai commencé la trottinette avec mon cousin. À la base, je faisais du skate. La trottinette m'a intrigué et j'ai adoré." Très rapidement, Mathias Villers prend le bus avec ses amis pour aller sur le skatepark du Havre. "Ma maman a été obligée d'appeler les autres mamans pour leur dire que c'était 'safe', qu'il n'y avait pas de problème sur le skatepark."
Il est parti en Australie
pour se professionnaliser
Le jeune sportif a ridé neuf ans au Havre avant de retourner à Saint-Nazaire. "J'avais 14-15 ans, je ne pensais encore devenir pro. Je ne pouvais pas l'imaginer." Une fois le baccalauréat en poche, Mathias Villers a décidé de prendre en main sa carrière de rider. Il est parti huit mois en Australie. "C'est là-bas que je me suis professionnalisé." Repéré sur les réseaux sociaux, il a reçu une offre de sponsoring de la part de NKD, une marque danoise de trottinettes. Il s'agit toujours de son sponsor. "Au départ, je n'étais pas payé. La marque finançait mes voyages et des pièces pour ma trottinette. Mes vidéos fonctionnaient bien, jusqu'à 100 000 vues. En Australie, j'ai rencontré des pros qui m'ont dit qu'il était temps que je gagne de l'argent. NKD a bien voulu me rémunérer. C'est là que je suis devenu un vrai pro."
Mathias Villers fait désormais partie des dix meilleurs pratiquants de trottinette en France.
La mal-aimée
La trottinette est la discipline mal-aimée des sports urbains.
Le sport urbain, dit extrême, rassemble quatre disciplines : le skateboard, le roller, le BMX et la trottinette.
Cette dernière est la mal-aimée des sports de glisse. Il a fallu du temps pour qu'elle s'impose auprès des riders. "La trottinette, il y a 10 ans, c'était un sport en train de naître. On était des pionniers, se souvient Mathias Villers. Faire du freestyle avec une trottinette, c'était une idée de 'ouf' en vrai !"
Un sport en évolution
La trottinette était vue comme un simple moyen de locomotion. Mathias Villers a vu tout le potentiel de cette pratique. "J'ai voulu pousser ce sport, amener la trottinette tellement haut pour se faire accepter dans les skateparks et aller jusqu'aux JO. Alors, les JO, on n'y est pas encore [c'est le cas pour le skateboard], mais au moins on se fait accepter dans les skateparks, et ce n'était pas gagné."
En 10 ans, la pratique de la trottinette s'est structurée. Il y a maintenant une fédération, des championnats de France, d'Europe et du monde. "Tout a changé. Même le matériel a évolué et évolue encore. Ça me plaît, on est en pleine évolution."
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