À 55 ans, Aline Schlosser, maître-nageuse à Rouen, n'a pas froid aux yeux. Elle s'apprête à disputer le tant redouté Ironman à Hawaï à partir du jeudi 6 octobre après avoir remporté une autre épreuve de triathlon XXL à Cascais, au Portugal, l'année dernière. Il faut que dire que la Rouennaise est une grande habituée du genre : il s'agira de son huitième Ironman. Suivie par un coach personnel, Aline Schlosser se prépare pour la compétition depuis six mois maintenant. "Je fais les trois disciplines chaque semaine et sur certains jours je double les entraînements." Mais pas question de s'épuiser pour autant et refaire les mêmes distances exigées le jour J. "On va découper les distances, l'idée est de préparer son corps à accepter des heures de selle et de course à pied… sinon cela demande beaucoup trop de récupérations derrière et c'est du temps perdu."
"Hawaï, c'est La Mecque du triathlon"
Mais la sportive ne veut pas se mettre de pression : "Mon but est de finir la course, sans être malade, sans blessure. Je vais être dans la gestion." Prendre du plaisir sur la course, c'est donc le mot d'ordre d'Aline Schlosser, même si la Normande s'est fixé ses propres objectifs qu'elle garde dans un coin de la tête, "mais cela, je n'en parle pas". Pour elle, la participation aux championnats Ironman à Hawaï, c'est la consécration de 25 ans de pratique du triathlon. "Hawaï, c'est La Mecque du triathlon… C'est l'épreuve ultime où on va vraiment se confronter à la chaleur, à la distance, au groupe d'athlètes avec lesquels on va courir". Et comme beaucoup d'athlètes qui se lancent dans ce défi d'envergure, la Rouennaise cherche ici le dépassement de soi. Une philosophie de vie qui la guide depuis le début de sa carrière. "J'aime repousser mes limites. Quand j'ai fait l'Ultramarin du Morbihan, une course à pied de 177 kilomètres, je n'avais jamais fait autant." Plus qu'une passion, c'est aussi une affaire de famille. "Le sport, nous sommes tous tombés dedans lorsque nous étions petits." Elle a pris sa première licence sportive à deux ans et demi en gymnastique, puis a enchainé avec l'athlétisme, le judo, et la natation synchronisée avant de s'intéresser au triathlon à la vingtaine, ce qui explique sa grande forme physique aujourd'hui à l'âge de 55 ans. "Faut pas croire, il y a encore des femmes de plus de 50 ans qui font du sport, on est plus discrètes", sourit-elle. Aline Schlosser décolle pour l'archipel le 24 septembre afin de s'acclimater et anticiper le décalage horaire.
Une épreuve dantesque
La mythique Ironman à Hawaï comporte trois épreuves en natation, vélo et course à pied. Les participants devront ainsi nager près de 4 kilomètres dans la baie de Kailua-Kona avant d'enchaîner sur 180 kilomètres de vélo sur un parcours fait de faux plats montants et descendants avec un dénivelé cumulé approchant les 2 000 m. Enfin, les coureurs devront s'élancer pour un marathon de 42,195 kilomètres dont l'arrivée est prévue au nord de l'île.
La Suisse Daniel Ryf est l'actuelle championne du monde d'Ironman avec un temps record de 8 heures, 40 minutes et 10 secondes au chronomètre. Elle est quintuple médaille d'or sur l'épreuve. Côté hommes, c'est le norvégien Kristian Blummenfelt qui détient l'actuel record à 7 heures 49 minutes et 16 secondes.
Bien qu'elle soit sûre de partir, Aline Schlosser, qui va s'élancer en catégorie amateur 55-59 ans, cherche encore des sponsors. Pour le moment, elle a réussi à réunir 6 000 euros sur les 8 000 nécessaires pour couvrir son déplacement et son matériel. Elle a lancé une cagnotte en ligne accessible depuis sa page Facebook.
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