Pour les attaques du 13-Novembre, "Oussama Atar (un des six accusés jugés en leur absence et considéré comme l'ordonnateur des attentats) a fait le choix de combattants aguerris", a affirmé d'emblée Camille Hennetier. Tous les candidats pour cette opération étaient "des jihadistes expérimentés".
La représentante du Pnat a minutieusement retracé la préparation des attentats sans pour autant faire de révélations.
Les six francophones qui ont participé aux attentats de Paris et Saint-Denis "ont tous été membres de katibat (bataillon) prestigieuses au sein de l'Etat islamique", a notamment souligné l'avocate générale.
"Les jeunes recrues (formées par l'EI) étaient des machines de guerre, des machines à tuer", a-t-elle dit. "Certains y trouvaient même du plaisir. C'était devenu un jeu : souvenez-vous du sourire d'Ismaël Mostefai, évoqué par plusieurs rescapés du Bataclan", a rappelé la magistrate.
D'une voix posée et assez monocorde, l'avocate générale a également insisté sur le rôle du Suédois Osama Krayem, du Tunisien Sofien Ayari, du Pakistanais Muhammad Usman et de l'Algérien Adel Haddadi, également "recrutés" en Syrie et tous présents dans le box des accusés.
Ils sont choisis "pour leur loyauté et leur parcours au sein de l'Etat islamique", a estimé l'avocate générale. C'est également parce que ces hommes étaient "candidats pour une mission-suicide" en Europe.
"Absolue loyauté"
Osama Krayem, le plus mystérieux des accusés, qui a choisi la plupart du temps de ne pas assister aux audiences et de ne pas répondre aux questions de la cour d'assises spéciale, était "un soldat d'élite" de l'EI comme le prouve, selon la représentante du Pnat, sa présence lors de l'exécution d'un pilote jordanien, brûlé vif dans une cage début 2015 en Syrie.
Etre invité à assister à cette exécution était "un honneur. Seuls les plus aguerris (des combattants) y étaient invités", souligne Camille Hennetier. Sur la vidéo de cette exécution, vue durant le procès, "Krayem est vêtu de l'uniforme d'élite de l'Etat islamique", poursuit-elle.
Quant à Muhammad Usman et Adel Haddadi, interpellés en Autriche avant les attentats, il ne fait "aucun doute" pour l'avocate générale qu'ils auraient dû faire partie des commandos du 13-Novembre.
Alors que 14 hommes ont été envoyés de Syrie vers l'Europe au cours de l'été 2015 pour y commettre des attentats, Salah Abdeslam va louer à son nom "quatre des cinq véhicules" utilisés pour ramener les jihadistes en Belgique, a également rappelé Camille Hennetier.
Elle a décrit "le rôle-clé" du principal accusé de ce procès et seul membre encore en vie des commandos du 13-Novembre, dans leur rapatriement en Belgique.
Il s'agissait, souligne-t-elle, d'une "mission importante". L'Etat islamique avait "placé toute sa confiance" en la personne chargée de la remplir, a-t-elle estimé. Une tâche comme celle-ci devait être effectuée par une personne "d'une absolue loyauté", insiste-t-elle. Dans son box, Salah Abdeslam regarde le sol.
"Nourri la bête"
Le réquisitoire se poursuivait dans l'après-midi, autour de la logistique "conséquente" mise en oeuvre pour la réalisation des attentats.
Il doit s'achever vendredi avec les peines réclamées à l'encontre des 20 accusés, dont six jugés par défaut, impliqués à divers niveaux dans la mort de 130 personnes à Paris et Saint-Denis.
L'accusation ne fait "pas de confusion entre les niveaux de responsabilité de chacun". Pour autant, "nous récusons fortement l'expression de +seconds couteaux+", a lancé un autre représentant du Pnat, Nicolas Braconnay.
"Par conviction, complaisance, lâcheté ou appât du gain, ils ont nourri la bête, ils ont logé la bête, ils ont transporté la bête, ils ont protégé la clandestinité de la bête, ils ont contribué à armer la bête ...", a-t-il égrené. Sans eux, "il n'y aurait pas eu d'attentats".
Douze accusés encourent la réclusion criminelle à perpétuité, sept autres encourent vingt ans de réclusion et un dernier six ans de prison.
Les réquisitions du Pnat seront suivies à partir de lundi par les plaidoiries de la défense. Le verdict est attendu le 29 juin.
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