Regard bleu intense, sourire aux lèvres et veste de costume dans les tons bleus, Claude Jean a tout d'un chef d'entreprise accompli. Avant d'être à la tête du Groupe Jean, qui comprend aujourd'hui près d'une vingtaine de sociétés, notamment dans le domaine de l'immobilier, ce septuagénaire a vécu mille vies. Pourtant, ce Manchois d'origine n'a pas eu une enfance facile. Originaire de Saint-Jean-d'Elle, près de Saint-Lô, Claude Jean est le huitième d'une fratrie de dix-huit enfants. "À cette époque-là, il fallait se débarrasser le plus tôt possible des enfants. Il n'y avait pas assez de nourriture", se souvient-il.
"Je considère que je suis illettré"
Atteint d'anémie, Claude Jean n'est scolarisé qu'à l'âge de 8 ans. "Je ne suis resté à l'école que jusqu'à mes 11 ans. Je considère que je suis illettré. À cette époque-là, je savais très peu lire et écrire. Encore aujourd'hui, je fais beaucoup de fautes. Ce n'est pas un complexe pour moi, mais une force", confie le septuagénaire. À l'âge de 11 ans, son père l'emmène à la fête de la Madeleine de Saint-Lô pour le vendre à un agriculteur comme commis. "C'était normal pour l'époque. J'ai été acheté par un paysan et suis aussitôt parti avec lui", poursuit-il. De ses 11 à ses 16 ans, l'entrepreneur est employé en tant que commis dans des fermes normandes. "À 16 ans, je voulais partir. Je m'étais rendu compte que la ferme ne payait pas. Je savais compter et souhaitais travailler dans ce domaine", dévoile-t-il. Il se rend au centre de formation rue Saint-Gabriel à Caen et se voit proposer un apprentissage en tant que peintre en bâtiment. Un emploi qui ne l'enchante guère, mais qu'il accepte. Après 18 mois d'armée, des expériences en tant que serveur et éleveur de veaux gras, Claude Jean lance finalement son affaire en tant que peintre en bâtiment. "Au bout de 10 ans, j'avais 20 salariés", raconte-t-il. Claude Jean s'essaie alors à la rénovation d'appartements. "Je me souviens, j'ai commencé par l'achat d'un grenier. Je l'ai rénové et l'ai vendu", sourit l'homme d'affaires. Clinique Saint-Martin, petit château à Bayeux ou encore immeubles caennais, Claude Jean a restauré de nombreux lieux en Normandie…
"Tout le monde a un don. On ne peut le découvrir que par soi-même. Je l'ai su au fur et à mesure de mes différentes expériences", explique-t-il. L'entrepreneur a récemment inauguré Monkey Art Studio, un espace de co-working installé place de la République à Caen. Il compte en ouvrir un prochainement à proximité du CHU de Caen. Lorsqu'on lui demande s'il compte s'arrêter, il répond en souriant : "Jamais. Je suis un passionné."
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