Il y a un peu plus de deux semaines, Serviliano Da Silva avait les yeux ébahis dans l'enceinte du Stade de France. Il y disputait la finale de la Coupe Gambardella avec ses coéquipiers du Stade Malherbe Caen (défaite 1-1, 5 tab à 3 face à l'Olympique Lyonnais). Dans une semaine, jeudi 2 juin, c'est sur la scène du théâtre de l'Athénée, à Paris, qu'il aura des étoiles dans les yeux. Le jeune footballeur du centre de formation participera à la finale nationale du concours d'éloquence organisée en partenariat avec la Ligue de football professionnel (LFP).
Objectif, s'ouvrir à
autre chose que le foot
Cela fait trois ans que ce concours est proposé dans les centres de formation des clubs professionnels grâce à deux associations supports : Prométhée Education, qui promeut l'égalité des chances, et la Fondaction du football, un fonds de dotation créé par la Fédération française de football qui déploie et encourage les actions socio-éducatives dans les clubs. Avec quel objectif ? "Apprendre à s'exprimer, s'affirmer par la parole et s'ouvrir à autre chose que le football", affirme Mohamed Slim, président de Prométhée Education.
Ça tombe à pic. Dans le cadre de son développement socio-éducatif, le centre de formation du Stade Malherbe Caen a été séduit. C'est la deuxième année de suite que le club y participe. En 2021, c'est Lyvans Yeponde qui était allé défendre ses couleurs à la capitale. "Le but est d'ouvrir les garçons à autre chose, qu'ils soient capables de parler d'autre chose que du foot", explique Marion Deschateaux, responsable de vie au centre. "Il est réservé aux U16. C'est un bon exercice pour leur oral de français en première et le Grand oral en terminale." De janvier à avril, les jeunes garçons ont suivi six ateliers sous forme de jeux. Puis, des exercices d'écriture et de répétition étaient organisés pour être fin prêts le 12 avril, date de la finale en interne, devant un jury de qualité. Le capitaine Jessy Deminguet et Olivier Pickeu, le président, étaient de la partie.
De Guinée-Bissau
au Stade Malherbe Caen
La maison rouge et bleu a mis les petits plats dans les grands. Comme sur le carré vert, on prend les choses au sérieux. Alors, les jeunes ont présenté leur plaidoirie dans l'un des salons VIP du stade d'Ornano. Deux options pour les candidats : choisir un thème imposé par l'organisation ou défendre un sujet de leur choix. "Il y avait beaucoup de plaidoiries sur lesquelles on n'attendait pas les joueurs", admet Mohamed Slim. Les Noha Lapisse Pouchard, Timéo Lelong Crétien ou encore Dramane Sangaré ont fait forte impression. Finalement, c'est la plaidoirie de Serviliano Da Silva qui a fait frémir les oreilles du jury : "Être libre, est-ce faire ce que l'on veut ?"
Quelques bafouillements, des erreurs de prononciation, mais trois minutes de prestance incroyables ont fait de lui le lauréat 2021-2022. "Lors des répétitions, je ne travaillais pas trop sur les intonations. C'était ma petite carte à jouer pour faire la différence", raconte avec modestie celui qui est arrivé en France en 2016. Une recette qui a fonctionné à merveille, en plus de répéter son texte tous les soirs devant Steve Elokan Friso, son colocataire. Originaire de Guinée-Bissau, "Servi", que l'on compare aussi à un certain N'Golo Kanté, n'a plus qu'une idée en tête : apprendre son texte par cœur pour gagner la finale contre les onze autres représentants des centres de formation français. Cette fois, il est l'heure de prendre sa revanche.
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