Michel Boivin, politologue dans la Manche, analyse les élections 2022. Le premier tour est le 12 juin et le second le 19.
La prime au sortant se vérifie-t-elle
dans le département ?
"Il y a d'abord une culture de la reconnaissance et des relations entretenues. On remonte à l'ancien régime, avec ces Manchois qui obéissaient au seigneur, au curé, etc. Il y a une certaine fidélité, dès lors que le député a bien fait son travail. Ensuite, il y a le réseau des notables, maires, conseillers départementaux, régionaux, sénateur. En fonction s'ils soutiennent ou pas, ça joue aussi."
Un député doit-il réussir au niveau local aussi bien que national ?
"C'est ça. La tête dans les étoiles parisiennes et puis les pieds dans la terre manchoise. C'est l'équation personnelle qui compte : le député doit être à la fois sur le terrain et, en même temps, reconnu comme travailleur à Paris. Tout cela fait un ensemble d'atouts assez considérable."
Existe-t-il une différence entre le nord
et le sud de la Manche ?
"Il y a une fidélité plus longue et plus forte dans le sud que dans le nord. Ça, c'est quelque chose de très ancien, ça relève vraiment de la culture. Et puis, il y a la conjoncture et les rapports de force qui font que, à Cherbourg, le rapport aux élus est plus changeant parce que les rapports de force eux-mêmes changent. Il y a des alternances droite gauche, lorsque ce clivage était encore le clivage dominant. C'est quand même un bassin assez traditionnellement attaché à la question sociale, le radicalisme et le socialisme. Il a fallu le gaullisme pour rompre la continuité de Cherbourg dans son attachement à la gauche."
Les résultats seront à retrouver localement ici.
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