"#Chevaline Le juge d'instruction a décidé de la prolongation de la garde à vue actuellement en cours depuis ce matin (mercredi) 8h05", a tweeté la procureure d'Annecy Line Bonnet tard dans la nuit.
Celle-ci avait indiqué mercredi matin que la garde à vue visait "à procéder à des vérifications d'emploi du temps" et à "des perquisitions" chez cette personne, dont l'identité n'a pas été révélée.
Face à quelques journalistes qui l'attendaient devant la gendarmerie de Chambéry mercredi soir, son avocat Jean-Christophe Basson-Larbi a précisé qu'il s'agit d'un témoin mis hors de cause en 2015. Selon le conseil, sa garde à vue n'est "pas justifiée" car ce dernier a "toujours eu à coeur de participer à la manifestation de la vérité".
Cet homme "est en train de vivre les heures les plus sombres de sa vie", a-t-il souligné. "C'est un homme qui arrive à tenir le coup, qui reste solide, mais qui est dans une terreur absolue, celle d'une erreur judiciaire. Il a le sentiment de nager en plein Kafka".
Plusieurs journaux, dont Le Dauphiné Libéré, indiquent que le suspect interrogé est un motard qui avait été mis hors de cause en 2015 après avoir été recherché pendant deux ans, mais la procureure, contactée jeudi par l'AFP, n'a pas souhaité confirmer cette information, appelant comme la veille à la "prudence" dans ce dossier.
Elle a toutefois confirmé que l'homme retenu depuis mercredi matin figurait parmi quatre témoins "remis en situation" et chronométrés sur la base de leurs déclarations sur les lieux du drame il y a un peu plus de trois mois.
Portrait-robot
L'affaire de la "tuerie de Chevaline" a déjà donné lieu à des milliers d'heures d'enquête et d'auditions, des tonnes de documents épluchés et quatre interpellations, sans avoir pu être élucidée à ce jour.
Elle compte parmi les grandes énigmes judiciaires qui ont tenu la France en haleine ces cinquante dernières années.
Le 5 septembre 2012, un Britannique d'origine irakienne de 50 ans, Saad al-Hilli, son épouse de 47 ans et sa belle-mère de 74 ans avaient été retrouvés morts, avec plusieurs balles dans la tête, dans leur voiture sur une route de campagne près de Chevaline, non loin du lac d'Annecy.
L'une des fillettes du couple al-Hilli avait été grièvement blessée tandis que la seconde, recroquevillée sous les jambes de sa mère, était miraculeusement sortie indemne de cette tuerie. Un cycliste de la région, Sylvain Mollier, 45 ans, probable victime collatérale, avait également été abattu.
Croisé le jour des faits par des agents de l'Office national des forêts, le motard avait longtemps fait office de principal suspect dans cette affaire hors norme.
Le fait qu'il ne se soit jamais présenté aux autorités laissait planer de fortes suspicions quant à son éventuelle implication dans la tuerie. Plus d'un an après le drame, en novembre 2013, la gendarmerie avait diffusé son portrait-robot, mettant l'accent sur son casque, très rare, vendu à moins de 8.000 exemplaires dans ce modèle.
Les gendarmes étaient finalement remontés au vrai motard en identifiant les 4.000 numéros de portable qui avaient déclenché l'un des relais de téléphonie mobile situés près du lieu du crime. Des images de vidéosurveillance avaient permis de recouper ces investigations.
Interrogé par les juges d'instruction en février 2015, l'homme, un entrepreneur de la région, avait expliqué s'être rendu sur les bords du lac d'Annecy pour pratiquer le parapente.
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