L'opération déminage du Premier ministre Jean Castex lundi soir, avec un protocole sanitaire allégé, n'aura pas suffi.
L'opposition est rapidement montée au créneau pour dénoncer un "grand cafouillage" avant un appel à la grève, qui s'annonce très suivie jeudi, des enseignants dans les écoles, collèges et lycées.
La droite s'est rapidement engouffrée dans la brèche: le président LR du Sénat Gérard Larcher a dénoncé une "pagaille", le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau un "grand cafouillage", une "gestion chaotique" de la crise sanitaire et un "désaveu" pour le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer.
"Blanquer l'incompétent"
La gauche n'est pas en reste sur une thématique qui lui est chère. Le député et porte-parole du PS Boris Vallaud a même appelé à la démission de M. Blanquer.
Le candidat communiste à la présidentielle Fabien Roussel a pour sa part infligé un "0 sur 20" à "Blanquer l'incompétent" et a affiché son "soutien" aux enseignants dans la rue jeudi.
Tout comme le candidat écologiste Yannick Jadot qui dénonce "défaut d'anticipation, cafouillages, mépris pour les parents et les demandes légitimes des équipes éducatives".
Face à cette avalanche de critiques, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a défendu des mesures de "bon sens".
Covid toujours, avec le Sénat dominé par l'opposition de droite qui se saisit à son tour mardi du projet de loi transformant le pass sanitaire en pass vaccinal. Il devrait voter le texte en première lecture avec des "ajustements".
Le projet de loi avait donné lieu la semaine dernière à trois jours et nuits de débats très agités à l'Assemblée nationale, électrisés par les propos polémiques d'Emmanuel Macron, qui s'était dit prêt à "emmerder les non-vaccinés".
La mobilisation des antipass avait bondi samedi, passant à 105.000 manifestants dans toute la France, soit quatre fois plus que le 18 décembre.
Le gouvernement espère une entrée en vigueur de la loi dès le 17 janvier. Le temps presse en plein rebond pandémique.
Les malades du Covid-19 continuent d'affluer dans les hôpitaux, qui comptent plus de 22.000 patients, dont près de 4.000 en soins critiques.
Les infections ont connu une progression fulgurante. Le taux de positivité, qui rapporte le nombre de cas à celui des tests, frôle les 20%, un record depuis l'automne 2020.
Concertation
Dans ces conditions, comment organiser la campagne électorale? Le Premier ministre réunit mardi les partis politiques afin d'initier une concertation autour du déroulement de la campagne et du scrutin.
Fin décembre, Jean Castex avait rappelé que la Constitution ne permettait pas de fixer des jauges, ni d'imposer de pass sanitaire ou vaccinal, aux réunions politiques.
La France Insoumise tout comme le PCF avaient indiqué qu'ils distribueraient pour les meetings de leur candidat, des masques FFP2, jugés plus protecteurs que les masques chirurgicaux, mais plus onéreux. Le PCF, LR et LREM demanderont un pass sanitaire et appliqueront des jauges.
Les Insoumis ont prévu de réclamer mardi au Premier ministre "l'augmentation du plafond remboursable des dépenses de campagne pour assurer les dépenses liées à la situation sanitaire", "l'augmentation du temps de spots de campagne sur les chaines publiques et le financement par l'Etat de spots sur les chaines privées", mais aussi "la mise à disposition de masques FFP2 et de gel hydroalcoolique à l'entrée des bureaux de vote", ainsi que "l'installation de purificateurs d'air dans les bureaux de vote".
Le quasi candidat Emmanuel Macron, qui doit s'exprimer dans l'après-midi sur la lutte contre la désinformation à l'occasion de ses voeux à la presse, arriverait largement en tête (27%) au premier tour, devant Marine Le Pen (RN) avec 17,5% et Valérie Pécresse (LR) avec 15,5%, selon un sondage Ifop-Fiducial pour Paris Match, LCI et Sud Radio diffusé lundi.
L'autre candidat de l'extrême droite Eric Zemmour serait un peu en retrait (12,5%), selon cette étude. A gauche, le candidat Insoumis Jean-Luc Mélenchon serait toujours le mieux placé avec 9,5% des intentions de vote, suivi par l'écologiste Yannick Jadot (6%).
Des "discussions" sont par ailleurs en cours en vue d'un possible ralliement d'Arnaud Montebourg à la probable future candidate Christiane Taubira. Pas de bouleversement majeur à attendre: le candidat de la "Remontada de la France" recueille pour l'instant 1 à 2% des intentions de vote.
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