Ce premier déplacement du président depuis qu'il a affirmé la semaine dernière vouloir "emmerder" les non vaccinés, intervient sur fonds de violences contre les élus en faveur du pass vaccinal, comme l'agression dimanche d'un député LREM de Saint-Pierre-et-Miquelon, vivement condamnée par la classe politique.
Le chef de l'Etat, donné à ce stade largement en tête des sondages au premier tour, doit "dessiner les contours" de la future loi de programmation et d'orientation pour la sécurité intérieure (Lopsi) pour les années 2022-27.
"Nous devons œuvrer à la vie tranquille à laquelle tous nos concitoyens ont droit, nous n'y sommes pas encore (...) mais nous devons améliorer inlassablement les choses", a-t-il déclaré au début d'une séquence d'échanges avec des élus devant le futur "hôtel des polices" devant réunir les polices nationale et municipale dans un commissariat doté de technologies de pointe.
Il doit se projeter vers l'avenir et "tracer des perspectives" car "on ne peut pas se permettre d'être figé sur la sécurité", selon un conseiller.
Il aura fort à faire pour défendre un bilan que lui conteste radicalement la droite.
La semaine dernière, lors d'un déplacement dans le sud-est, la candidate LR Valérie Pécresse avait annoncé son intention de "ressortir le Kärcher de la cave" pour "nettoyer les quartiers", reprenant une expression controversée de Nicolas Sarkozy lorsqu'il était ministre de l'Intérieur.
Une "France Orange mécanique"
Et lundi matin, Eric Ciotti député LR des Alpes-Maritimes et "conseiller à l'autorité" de la candidate de la droite, a fustigé "un Waterloo sécuritaire" concernant le bilan du président Macron, l'accusant d'avoir laissé la société "s'ensauvager" avec "une France Orange mécanique", en référence au film ultra-violent de Stanley Kubrick.
Avec cette visite, qualifiée par M. Ciotti de "petite manoeuvre électorale", Emmanuel Macron serait "en train de dévoyer les institutions en faisant campagne avec les moyens de l'État de façon éhontée"
Mais pour le maire Christian Estrosi - un ex-LR allié d'Emmanuel Macron - ce dernier "vient à Nice en tant que président", pour "l'intérêt général" et sur la base d'une "vision partagée sur les moyens qu'on doit donner à nos forces de sécurité".
La gestion de la crise du Covid, avec des contaminations au plus haut depuis deux ans et des difficultés en milieu scolaire, reste omniprésente dans la campagne présidentielle.
Les opposants au pass vaccinal, adopté en première lecture la semaine dernière à l'Assemblée nationale et qui arrive en commission au Sénat lundi, ont repris la rue samedi après la trêve des fêtes de fin d'année avec une mobilisation en net rebond.
Quelque 105.200 participants ont défilé samedi en France, soit quatre fois plus que les 25.500 le 18 décembre, selon le ministère de l'Intérieur.
Violences contre les élus
Et de nombreux responsables politiques ont condamné lundi l'agression par de présumés manifestants opposés au pass dont a été victime la veille le député Stéphane Claireaux (LREM) devant son domicile à Saint-Pierre-et-Miquelon.
Le ministre des Relations avec le Parlement Marc Fesneau a mis en garde contre le risque du "totalitarisme".
Le patron du groupe LREM à l'Assemblée Christophe Castaner a condamné sur France Inter la "lâcheté face à un homme seul, qui était pacifique, sans défense". "Il y a eu en 2021 de ce que j'ai compté 322 menaces contre des députés, dont les deux tiers contre des députés de mon groupe", a rappelé l'ancien ministre de l'Intérieur.
Pour le patron du Parti socialiste Olivier Faure, "certains anti vax prennent pour alibi les provocations du président pour justifier leur violence. Mais non, rien ne peut la justifier".
La majorité "n'entend pas faire du pass vaccinal une mesure permanente", a tenté de rassurer Christophe Castaner.
A gauche, Christiane Taubira, qui "envisage" de se présenter à la présidentielle, est en déplacement à Nantes après avoir annoncé dimanche qu'elle se soumettrait au résultat de la Primaire populaire, une initiative citoyenne prévue du 27 au 30 janvier, dont elle acceptera "le verdict".
La gauche est éclatée en cinq candidatures principales, et aucune d'entre elles n'est en mesure de rivaliser dans les sondages avec les droites et Emmanuel Macron.
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