A 92 jours du premier tour, la campagne penche à l'Ouest : Yannick Jadot à Angers, Eric Zemmour aux Sables d'Olonne (Vendée) et Anne Hidalgo à Jarnac (Charente).
Plus au Sud, Marine Le Pen reste en Occitanie et se rend à Trèbes (Aude), après Béziers vendredi et avant Perpignan dimanche. Enfin Valérie Pécresse s'est adressée dans la matinée à la presse à Paris.
Sur le terrain ou à leurs QG de campagne, les candidats ont tous l'oeil sur les manifestations des opposants au pass vaccinal, tandis que les nouvelles contaminations au Covid-19 battent des records.
Le défilé le plus important est attendu à Paris, sous l'égide de l'ex-FN Florian Philippot. Les manifestants espèrent obtenir un regain de participation après les déclarations de M. Macron mardi sur son envie "d'emmerder" ceux qui refusent de se faire vacciner contre le Covid-19.
Le président sortant et quasi candidat a enfoncé le clou vendredi, évoquant "des formes d'expression qui paraissent familières qu'(il) assume totalement".
Macron, un "contre-exemple" pour Pécresse
"Emmanuel Macron, qui prétendait vouloir une République exemplaire, est devenu un contre-exemple", l'a de nouveau attaqué Mme Pécresse samedi matin: "S'il s'autorise à +emmerder+ les Français, pourquoi les Français respecteraient-ils l'Etat, se respecteraient-ils les uns les autres ? Il alimente le rejet de toutes les figures d'autorité."
La candidate LR réunit samedi son état-major pour un "séminaire de travail".
"La méthode et la bonne stratégie, c'est d'abord de faire campagne pour le premier tour en affirmant nos valeurs, en montrant qu'elles ne varient pas avec le sens du vent", lui suggère dans une interview à l'hebdomadaire Le Point l'ancienne ministre sarkozyste Rachida Dati, qui participe à la campagne sans avoir intégré l'équipe rapprochée de la candidate.
Les "valeurs" sont le thème du déplacement en Vendée du polémiste d'extrême droite Eric Zemmour. Aux Sables d'Olonne, le candidat Reconquête! dénonce une décision du tribunal administratif de Nantes qui demande à la commune de déboulonner une statue de l'archange Saint-Michel au nom, selon lui, d'une "idéologie destructrice" qui voudrait éradiquer "les racines chrétiennes" de la France.
A Trèbes, la candidate RN Marine Le Pen présente ses propositions pour le tourime, allant notamment visiter des lieux consacrés à l'oenotourisme. Elle doit aussi déposer une gerbe en l'honneur d'Arnaud Beltrame, l'officier de gendarmerie assassiné dans un attentat islamiste perpétré en 2018 dans cette commune voisine de Carcassonne.
Elle a aussi dénoncé le pass vaccinal -qui doit être examiné la semaine prochaine au Sénat-, qui selon elle consiste à "diviser la société française, à pointer du doigt des boucs émissaires, que le président de la République assume de vouloir persécuter".
Hidalgo pessimiste
A Jarnac, ville natale de François Mitterrand, la candidate socialiste Anne Hidalgo est venue s'incliner sur la tombe de cette figure tutélaire décédée il y a 26 ans jour pour jour.
La maire de Paris a paru sur le point d'abandonner sa proposition de primaire à gauche sèchement rejetée notamment par le candidat écologiste Yannick Jadot.
"Cette proposition n'a pas pour l'instant l'objet d'un accord", a-t-elle regretté. "J'ai entendu les propos de Yannick Jadot et je l'ai dit, une primaire n'a de sens que si elle sert à avoir un candidat commun, un candidat unique et non à ajouter des candidatures. Evidemment si dans cette primaire, les Verts autour de Yannick Jadot ne sont pas présents, cela ne s'appelle plus une primaire".
M. Jadot est attendu dans un laboratoire pharmaceutique spécialisé dans le cannabis thérapeutique à Angers, qui produit des compositions à base de CBD en attendant les autorisations nécessaires à la production de médicaments.
Alexis Corbière, porte-parole du candidat LFI Jean-Luc Mélenchon, a de nouveau balayé lui aussi toute idée d'une primaire : "Il faut arrêter de bavarder et d'agir (...). Venez plutôt nous aider!".
En tête des candidats de son camp, M. Mélenchon obtient 10% des intentions de vote dans un sondage Ipsos Sopra-Steria pour franceinfo et Le Parisien, et 9% dans une étude BVA pour RTL et Orange.
Ces deux enquêtes réalisées après les propos choc de M. Macron, et publiées vendredi, donnent, dans le même ordre, le chef de l'Etat largement en tête du premier tour (25% ou 26%), devant Marine Le Pen (17%), Valérie Pécresse (16%) et Eric Zemmour (12%).
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