Une réunion consacrée à "la lutte contre la violence dans les stades" est programmée à 08H30 place Beauvau autour des ministres Gérald Darmanin (Intérieur), Roxana Maracineanu (Sports) et Éric Dupond-Moretti (Justice), pour dévoiler les remèdes envisagés par les autorités, comme l'exécutif s'y était engagé le 23 novembre.
Des représentants du football professionnel, à commencer par le président de la Ligue de football professionnel Vincent Labrune, y prendront part, pour certains en visio-conférence.
"Je suis surpris que les acteurs – le gouvernement, la ligue, les clubs – n'assument pas un peu plus leurs responsabilités", s'est insurgé mercredi Payet dans une tribune publiée en ligne par Le Monde, où le capitaine marseillais dénonce "une forme de démission collective insupportable" et souhaite que la réunion de jeudi "ne soit pas sans lendemain".
Selon une source proche des discussions, la table ronde devra servir à "mettre du contenu" dans les quatre axes de travail annoncés par le gouvernement: les interdictions de stade pour les supporters fautifs, la sécurisation des enceintes, la formation des stadiers et l'amélioration du processus décisionnel entourant l'arrêt d'un match en cas de trouble.
Pas de "big bang"
Les derniers arbitrages étaient en cours mercredi mais, sauf revirement, ils ne devraient pas accoucher de nouvelles mesures nécessitant une loi. Depuis plusieurs années, et notamment depuis 2016 et la loi Larrivé qui a renforcé le pouvoir des clubs au niveau du maintien de l'ordre dans leurs stades, la plupart des acteurs considèrent que l'arsenal législatif est suffisant.
"Il ne faut pas s'attendre à un big bang" sur les mesures individuelles, notamment les interdictions de stade, confirme une autre source proche du dossier. "Le droit est déjà disponible, il doit être mieux connu, mieux utilisé et plus efficace", ajoute-t-elle, écartant toute mesure visant à aggraver les sanctions existantes.
Concernant la sécurité dans les stades, le gouvernement sera attentif à ce que la vidéoprotection soit "à un niveau satisfaisant" du côté des clubs, qui devront en outre prouver leur capacité à faire face aux jets de projectiles visant les joueurs, complète cette source.
La Ligue 1 a été le théâtre d'incidents parfois graves dès le mois d'août à Montpellier ou à Nice, où une bagarre impliquant des supporters, des joueurs et des membres des staffs techniques a éclaté sur la pelouse de l'Allianz-Riviera.
La série noire s'est prolongée jusqu'au 21 novembre avec des projectiles lancés à Lyon contre Payet, touché par une bouteille d'eau en plastique au niveau de la tête. La rencontre, arrêtée après quatre minutes de jeu, sera rejouée à huis clos sur le terrain de l'OL, sanctionné d'un point de pénalité au classement.
"La violence urbaine a envahi nos stades, on est totalement démunis, mais par bonheur ces dernières semaines, l'Etat est intervenu pour nous aider", a lancé samedi Vincent Labrune. "Des milliers de voyous n'ont rien à faire là. Il faut être intransigeant, agir vite et bien", a-t-il tonné durant l'Assemblée générale de la Fédération française de football.
Responsabilité des clubs
"Il n'y a jamais eu autant d'incidents", a relevé à ses côtés le président de la FFF Noël Le Graët. "Je crois qu'on doit faire un certain nombre d'efforts dans les clubs", a assuré le dirigeant, attendu jeudi place Beauvau.
Concernant l'affaire OL-OM, la responsabilité de Lyon a été établie sur le plan disciplinaire. Aucun filet de sécurité n'avait en effet été installé devant le virage des ultras lyonnais, d'où est parti le projectile visant Payet.
"Nous avons bien sûr considéré que le club était responsable des agissements des supporters présents dans son stade. Cette décision fait ressortir une responsabilité de l'OL, absolument", s'est justifié le président de la commission de discipline, Sébastien Deneux, après avoir communiqué le 8 décembre la sanction infligée à l'OL.
L'auteur du jet de projectile a été condamné par la justice à six mois de prison avec sursis en comparution immédiate.
jta-dec-alh-jed/fbr/mdm
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