A l'ouverture du procès dans la matinée, le président Franck Zientara a rappelé les faits: en mars 2018, les pompiers, appelés pour un incendie, avaient découvert dans le modeste appartement parisien de Mireille Knoll son corps partiellement carbonisé.
La femme de 85 ans, atteinte de la maladie de Parkinson et qui ne pouvait se déplacer seule, avait été frappée de 11 coups de couteaux, notamment à la gorge.
Dans le box des accusés, Yacine Mihoub, 31 ans, et Alex Carrimbacus, 25 ans, écoutent sans ciller. Tous deux se rejettent la responsabilité du crime, qui avait provoqué indignation et émoi en France et à l'étranger.
"Des monstres", a dit d'eux Daniel Knoll, l'un des fils de la vieille dame, avant d'entrer dans la petite salle d'audience. Pendant le rappel des faits, le petit-fils de la victime n'a pas lâché les accusés de son regard furieux.
La cour a ensuite commencé à s'intéresser à la personnalité des deux hommes, connus selon l'enquête pour être "menteurs" et "manipulateurs".
"J'affabule parfois, pour me valoriser, mais je ne mens pas", corrige Yacine Mihoub, 31 ans, petites lunettes, gilet noir sur chemise blanche.
Ce dernier connaissait Mireille Knoll, voisine de sa mère, depuis l'enfance. Il faisait des courses au marché pour elle en échange d'argent de poche. Elle était devenue une sorte de "grand-mère de substitution", avait-il expliqué pendant l'enquête.
"Une relation de confidents, elle m'a beaucoup aidé sur beaucoup de choses", dit-il aujourd'hui, assurant la voir "une fois, parfois deux, par semaine". Les parties civiles s'exaspèrent.
"J'apprends depuis trois ans que ça dérange beaucoup de monde que je rende visite à Mme Knoll, mais je ne m'en cachais pas", répond-il.
"Alcool mauvais"
L'audience est tendue à plusieurs reprises. Alors que le ton chauffe entre un avocat des parties civiles et Yacine Mihoud, le petit-fils de Mireille Knoll lui fait plusieurs fois signe qu'il le garde à l'œil.
Yacine Mihoub, qui "parle bien", note un avocat, revient aussi sur son enfance, "heureuse" avec sa mère et frère et sœurs. Son père ? "C'est un alcoolique, j'ai rien à dire sur lui".
Tout change à 12 ans, quand il est victime d'un viol par ses camarades de chambre à l'internat. "J'en voulais à tout le monde".
Il décrit ensuite sa plongée dans l'alcool, les "crises", les clefs de l'appartement que sa mère refuse de lui donner: "je volais de l'argent pour m'acheter de l'alcool et des drogues".
Pouvait-il avoir l'alcool mauvais ?, demande le président. "En famille", uniquement assure-t-il. "Irritable, à fleur de peau, mais dangereux, non", soutient-il.
"Il nous pourrissait la vie", avait dit sa mère avant lui. Elle est accusée d'avoir nettoyé le couteau du crime et comparaît, libre, aux côtés des deux hommes.
La cour veut savoir ce qu'il buvait. "J'ai eu une période whisky, vodka, rhum...". "Et du porto ?", demande le président ? "Ça c'était que quand j'allais voir Mme Knoll".
Le jour du meurtre, il en avait bu une dizaine de verres chez la vieille dame, en compagnie de son co-accusé Alex Carrimbacus.
"Mon corps était habitué à recevoir des doses assez fortes. Le porto, c'est pas comme si je buvais du jus de raisin mais ça se rapproche". Les parties civiles soufflent à nouveau.
Le président fait ensuite la longue liste de ses condamnations. Des vols, violences, agressions sexuelles, exhibitions, des menaces de mort... Yacine Mihoub argumente, explique, reconnaît a minima. Notamment un nombre considérable de fausses alertes à la bombe, dont une dans un centre de réinsertion pour jeunes qui l'avait renvoyé.
"Pourquoi vous avez fait ça ?", demande le président. "Pour les faire chier".
Alex Carrimbacus doit être interrogé sur sa personnalité plus tard dans la journée.
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