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Au Kosovo, une petite ville devenue poids-lourd du judo mondial

France-Monde. Sertie dans la montagne, une petite ville kosovare connue pour ses gorges spectaculaires, sa bière et son monastère orthodoxe, s'est muée en fabrique improbable de talents olympiques.

Au Kosovo, une petite ville devenue poids-lourd du judo mondial
L'entraîneur de judo kosovar, Driton Kuka, parle avec la judoka kosovare Majlinda Kelmendi lors d'une séance d'entraînement au club de judo Ippon dans la ville de Peja, le 16 juin 2021. - Armend NIMANI [AFP]

Peja, ou Pec pour les Serbes, dépêche cet été cinq judokas aux Jeux olympiques de Tokyo, soit 100% de l'équipe de la jeune nation, tous dans le Top 10 de leur catégorie.

Parmi eux, Majlinda Kelmendi, 30 ans, la première et seule championne olympique tous sports confondus de l'ancienne province de Belgrade.

La judokate et ses co-équipiers sont célébrés comme des héros dans le territoire, qui a déclaré son indépendance en 2008 après la guerre entre sécessionnistes albanais et forces serbes, et qui n'est toujours pas reconnue par la Serbie.

"Majlinda et les autres ont propagé la bonne réputation de notre pays", dit à l'AFP Driton Agusholli, employé des télécoms de 49 ans. "Aucune ambassade ne pourrait le représenter mieux que nos judokas".

La médaille d'or remportée en 2016 par la jeune femme a popularisé son sport au Kosovo où le football était jusque là une des passions dominantes.

Destin contrarié

Aujourd'hui, ce territoire de 1,8 million d'habitants compte six écoles de judo, 17 clubs et 1.200 pratiquants.

Peja, ville de moins de 100.000 habitants, est connue pour sa bière éponyme, pour être le centre spirituel de l'Eglise orthodoxe serbe et la porte d'entrée des gorges de Rugova réputées parmi les plus profondes d'Europe.

Sa mutation en place-forte du judo mondial tient en bonne partie au destin contrarié du coach de l'équipe kosovare, dans le contexte de la désintégration sanglante de l'ex-Yougoslavie.

A la veille des JO de Barcelone en 1992, Driton "Toni" Kuka était le meilleur judoka yougoslave de sa catégorie (-71 kg à l'époque) et figurait parmi les favoris.

Mais les sportifs albanais s'étaient retirés des sélections yougoslaves pour protester contre le joug de l'homme fort de Belgade, Slobodan Milosevic, dans le cadre d'un vaste mouvement de résistance civique orchestré par le "père de la nation", Ibrahim Rugova.

Quand le conflit prit fin avec une campagne de bombardements de l'Otan contre les forces serbes, il ouvrit à destination des adolescents un dojo de fortune dans son quartier défavorisé d'Asllan Ceshme, ravagé par les combats.

"Respect"

"Après la guerre, j'ai voulu travailler avec les enfants et montrer au monde que le Kosovo avait de grands athlètes capables de gagner des médailles", dit à l'AFP l'entraîneur âgé aujourd'hui de 49 ans.

Ce ne fut pas facile, se rappelle-t-il. "J'ai dû faire office de coach, de psychologue, de kinésithérapeute. On n'avait pas le nécessaire pour du sport de haut niveau", avec une salle dont le toit fuyait et de mauvais tapis. Mais la situation a changé depuis l'or olympique et les judokas s'entraînent dans une vaste salle lumineuse, sur de beaux tatamis rouge et or.

Kuka ne se lasse jamais de mettre en avant son quartier.

"L'histoire de notre club est spéciale. Aucun des compétiteurs olympiques ne vit à plus de 200 ou 300 mètres du dojo alors on peut dire que les qualifiés ont tous été recrutés dans une zone de 200 ou 300 mètres carrés", souligne "Toni". "Et tous avec des chances réalistes de médaille".

Un succès qui est le fruit de décennies de travail, relève Kuka, soulignant que ses judokas ont raflé toutes les médailles possibles, des championnats régionaux aux JO.

Au-delà de l'arène sportive, ils ont "hissé le drapeau du Kosovo là où ni la politique ni la diplomatie n'ont pu aller", avait lancé en avril la présidente Vjosa Osmani à peine élue. Leur réussite est synonyme d'espoir "pour notre jeunesse: rien n'est hors de portée, avec de la détermination, du travail, de la passion et de la discipline, les rêves deviennent réalité".

Selvije Ademaj, femme au foyer de 50 ans, renchérit. "Le monde entier les aime. Ils peuvent montrer aux jeunes comment se faire respecter par le reste du monde".

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