Contradictions officielles ? La semaine dernière, Olivier Véran annonce que d'ici à la fin de l'été “70 millions de Français” – plus que la population réelle – auront été vaccinés... Trois jours après, le président du Conseil scientifique Jean-François Delfraissy rectifie : à peine “40 millions de Français” auront été vaccinés !
Pour qu'une vaccination de masse soit réalisable, il faudrait que l'industrie pharmaceutique respecte ses engagements contractuels. Mais après avoir promis de livrer à temps des centaines de millions de doses, les laboratoires se dédisent. Pfizer allègue des travaux dans son usine de Belgique. Puis chicane sur le nombre de doses par flacon : les centres européens parvenant à en tirer six doses au lieu de cinq pour vacciner un plus grand nombre de gens, Pfizer en fait un argument pour diminuer encore le nombre de flacons à livrer.
Le secrétaire d'Etat français Clément Beaune riposte : “Les livraisons se font par flacons. Le sujet du nombre de doses par flacon ne change rien pour l'industriel. Il doit honorer ses engagements.” Qui portent sur 600 millions de doses…
L'Italie annonce qu'elle va attaquer Pfizer en justice. D'autres responsables européens protestent eux aussi, invoquant les contrats des laboratoires avec l'UE. Il y a en effet six contrats signés à Bruxelles. Mais que disent-ils exactement ?
Contrats mystérieux et colères du public
Les quelques eurodéputés admis à voir ces contrats n'ont eu accès qu'à des exemplaires volontairement tronqués par la Commission. Pascal Canfin témoigne : "Sur la responsabilité juridique – qui est responsable en cas de problème ? – deux paragraphes sur six ne sont pas lisibles : ils sont biffés de noir ! On ne peut rien savoir sur les prix, les lieux de production. Comment pourrait-on se satisfaire d'une transparence aussi partielle ?"
Interpellée sur ce problème, la commissaire à la Santé, Stella Kyriakidès, répond qu'elle ne peut divulguer le contenu intégral des contrats si les laboratoires n'y autorisent pas la Commission…
Ces éléments d'incertitudes cumulés renforcent le trouble de l'opinion. D'autant que l'arrivée de variants du coronavirus et la montée continuelle des contaminations, avec menace de saturation des hôpitaux, ramènent dans toute l'Europe les mesures sanitaires drastiques et les colères multiples de diverses fractions de la population.
Ainsi aux Pays-Bas où l'annonce d'un couvre-feu – le premier depuis 1945 – déclenche le 24 janvier de violentes émeutes attisées par Geert Wilders, le leader d'extrême droite : à Amsterdam, à Eindhoven, à Urk, incendie d'un centre de dépistage du coronavirus, incendie de voitures, pillages de magasins, bagarres avec la police, arrestations…
Le 25 janvier, le Premier ministre Mark Rutte, furieux, déclare à la télévision : “Ces violences n'ont rien à voir avec une lutte pour la liberté. Pour l'instant c'est le virus qui attaque notre liberté, et nos mesures ne sont pas prises à la légère.”
Le Medef s'inquiète pour l'économie
En France, la semaine s'est passée dans l'attente crispée de l'annonce du troisième confinement. Inquiet pour l'économie, Geoffroy Roux de Bézieux déclare au nom du Medef : “On a appris des reconfinements précédents qu'on pouvait rester ouverts sans provoquer de contamination. Et donc ce qu'on demande, c'est de laisser tous les commerces ouverts et ne pas retomber dans le débat 'commerces essentiels' ou 'non essentiels'…”
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