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Michel Fourniret a séquestré et tué Estelle Mouzin dans les Ardennes, selon son ex-épouse

France-Monde. Le tueur en série Michel Fourniret a bien séquestré, violé et tué Estelle Mouzin dans une maison familiale désertée des Ardennes, selon les derniers aveux de son ex-épouse, relançant l'espoir, 17 ans après, de retrouver le corps de la fillette.

Michel Fourniret a séquestré et tué Estelle Mouzin dans les Ardennes, selon son ex-épouse
Michel Fourniret le 29 mai 2008, à Charleville-Mézières (Ardennes) - ALAIN JULIEN [AFP/Archives]

"Monique Olivier a déclaré au juge d'instruction (…) que Michel Fourniret avait enlevé Estelle Mouzin, l'avait kidnappée, l'avait emmenée le 9 janvier 2003 à Ville-sur-Lumes pour la séquestrer et qu'il l'avait violée et étranglée", a déclaré vendredi son avocat Me Richard Delgenes lors d'un point presse au tribunal de Paris.

Ces nouvelles déclarations de Monique Olivier, 71 ans, interrogée depuis mardi dans le bureau de la juge Sabine Khéris, lui valent désormais d'être mise en examen pour "complicité" dans cette enquête, l'une des affaires criminelles non résolues les plus emblématiques, a annoncé l'avocat.

"Il reste des investigations à mener pour découvrir où est le corps d'Estelle Mouzin (...) mais elle n'a pas pu donner d'indication à cet égard", a ajouté Me Delgenes.

Le témoignage de l'ex-épouse de "l'ogre des Ardennes", déjà condamnée à perpétuité en 2008 comme complice, va dans le sens des intuitions des enquêteurs, pourtant contrariées par l'échec de récentes fouilles hors normes.

Fin juin, une cinquantaine de gendarmes et d'experts se sont rendus à Ville-sur-Lumes, près de Charleville-Mézières, pour fouiller pour la première fois l'ancienne maison de la soeur de Fourniret, qui était vide à l'époque depuis le décès de cette dernière quelques mois plus tôt.

Un ticket de caisse, imprimé dans un supermarché à proximité le 11 janvier 2003 - soit deux jours après la disparition d'Estelle Mouzin à Guermantes (Seine-et-Marne) à 200 km de là - et retrouvé lors d'une perquisition chez Fourniret avait guidé les enquêteurs jusqu'à ce quartier pavillonnaire.

Des moyens hors-norme, dont un drone équipé d'une caméra hyperspectrale capable de détecter les irrégularités du sols, ont été déployés. Mais les fouilles, à commencer par celle de la cave, dont le sol autrefois constitué de terre aurait été recouvert de béton par Fourniret, n'ont rien donné.

Les enquêteurs s'étaient ensuite rendus au château du Sautou, ancienne propriété de Fourniret à une dizaine de kilomètres de là, où deux de ses victimes ont été retrouvées en 2004. Sans plus de succès.

- "Ma faute" -

La question se pose désormais d'y retourner en présence du tueur en série.

A 78 ans, Michel Fourniret, dont les déclarations alambiquées et les problèmes de mémoire compliquent la tâche des enquêteurs, a fini par avouer en mars sa responsabilité dans cette affaire: "Je reconnais là un être qui n'est plus là par ma faute", avait-il déclaré à la juge Khéris.

Il avait aussi estimé "pertinent" que le corps de la fillette de neuf ans, jamais retrouvé, puisse être dans l'une de ses anciennes propriétés des Ardennes.

Pour parvenir à ces aveux, la juge Khéris avait d'abord dû obtenir de premières révélations de Monique Olivier. Fin novembre, l'ancienne comparse avait fini par contredire l'alibi de Fourniret, levant le dernier obstacle à sa mise en examen, quelques jours plus tard, pour "enlèvement et séquestration suivis de mort".

Le 24 janvier, date de sa dernière audition, Monique Olivier avait ensuite réitéré ses accusations en assurant qu'il avait "bien tué" Estelle Mouzin, évoquant de possibles "repérages" quelques jours avant sa disparition.

Michel Fourniret purge actuellement une peine de prison à perpétuité incompressible, depuis qu'il a été déclaré coupable en 2008 des meurtres de sept jeunes femmes ou adolescentes entre 1987 et 2001. Il a de nouveau été condamné en 2018 pour un assassinat crapuleux.

Il est aussi mis en examen pour la mort de Marie-Angèle Domece en 1988 et celle de Joanna Parrish en 1990, qu'il a avoué en 2019 à la juge Khéris.

Par ailleurs, le 9 juin, l'enquête sur la disparition en 1993 dans l'Orne de Lydie Logé, une jeune femme de 29 ans, a été dépaysée à Paris pour être jointe aux investigations menées par Mme Kheris.

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