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Italie: l'interdiction des messes, casus belli pour l'Eglise

Les évêques italiens qui négociaient une reprise des messes en mai ont été éconduits par un Etat préoccupé par la courbe épidémiologique. Largement soutenu par la classe politique en Italie, leur courroux semble faire fléchir le gouvernement.

Italie: l'interdiction des messes, casus belli pour l'Eglise
Une religieuse devant l'église San Giorgio à Caresana, dans le nord de l'Italie, le 26 avril 2020 - MARCO BERTORELLO [AFP]

Dimanche soir, le chef du gouvernement Giuseppe Conte a dévoilé sa "phase 2", un déconfinement progressif à compter du lundi 4 mai. Les messes resteront interdites, mais les funérailles pourront être élargies à un maximum de quinze personnes.

Si le gouvernement a prévu l'ouverture en mai des usines, des magasins ou des musées, son comité scientifique a pointé les risques "incontournables" liés aux contacts rapprochés des messes, notamment lors de la distribution de l'hostie.

Une déception pour de nombreux catholiques qui avaient déjà dû vivre chez eux, par écrans interposés, les célébrations de Pâques, temps fort de l'année.

"Les évêques italiens ne peuvent accepter de voir l'exercice de la liberté de culte compromis", a réagi la puissante Conférence épiscopale italienne (CEI), piquée au vif. Elle négociait depuis des semaines une sécurisation des messes avec la ministre de l'Intérieur Luciana Lamorgese.

Le pape François se garde de s'immiscer directement dans la vie politique italienne, mais la réaction courroucée des évêques a été immédiatement publiée sur le portail internet du Vatican.

En signe probable d'apaisement avec le gouvernement italien, il a toutefois prôné mardi, lors de sa messe matinale, "l'obéissance" aux consignes de déconfinement.

François avait exprimé, voici dix jours, son malaise à propos des célébrations "virtuelles", impatient de "sortir du tunnel". "Ce n'est pas l'Eglise", avait dit l'Argentin durant une messe solitaire, "l'idéal de l'Eglise est toujours avec le peuple et avec les sacrements".

Le catholicisme n'est plus religion d'Etat depuis 1984 en Italie. "L'Eglise a aujourd'hui moins d'influence sur le champ politique", explique à l'AFP Franco Garelli, sociologue des religions à l'Université de Turin.

Sa voix demeure néanmoins "importante" dans un pays où 22% des croyants vont à la messe chaque dimanche, nettement plus qu'en Allemagne ou en France, pointe-t-il. Environ 70% des Italiens se déclarent liés au catholicisme, souvent vécu comme une identité culturelle.

"L'Eglise reste donc un point de référence et ses prises de position ne peuvent pas être ignorées", résume le sociologue. Fin mars, le catholique Giuseppe Conte était d'ailleurs allé rencontrer le pape François.

Dans ce contexte, l'ire rare et inattendue des évêques a immédiatement provoqué la marche arrière du gouvernement. "Nous travaillerons pour définir un protocole de sécurité maximum pour garantir à tous les fidèles de pouvoir participer à des célébrations liturgiques", a assuré lundi soir Giuseppe Conte.

Erreur politique?

Des personnalités politiques de tous bords ont volé au secours de l'Eglise, tout comme des dizaines d'associations catholiques et des représentants d'autres confessions religieuses.

"Ce gouvernement respecte tous les principes constitutionnels, dont la liberté de culte", s'est défendu lundi Giuseppe Conte lors d'une visite en Lombardie (Nord), qui totalise la moitié des quelque 27.000 morts du coronavirus en Italie.

Mardi, plusieurs journaux dont celui des évêques italiens avançaient déjà des dates possibles en mai pour une reprise des messes, en commençant par des célébrations en plein air.

Pour le vaticaniste Iacopo Scaramuzzi, les gouvernements italiens s'emploient toujours à cultiver "de bons rapports" avec l'Eglise. La prudence de Giuseppe Conte peut donc s'apparenter à "une erreur politique", selon lui.

"Le mécontentement sur l'interdiction des messes a augmenté ces dernières semaines chez des fidèles plutôt conservateurs, mais aussi chez des intellectuels catholiques", explique-t-il à l'AFP.

"Cela devenait de plus en plus difficile pour les évêques de se taire car ils auraient laissé le champ libre aux responsables politiques souverainistes qui partout dans le monde instrumentalisent l'image des églises vides, à l'instar de Matteo Salvini et Giorgia Meloni en Italie. D'où la réaction plutôt agressive de la CEI", analyse Iacopo Scaramuzzi, auteur d'un livre sur les populistes et le christianisme ("Dieu? Au fond à droite?").

Les dangers sanitaires sont réels en Italie. La piété populaire se manifeste dans des sanctuaires ou des processions. Et les messes sont fréquentées par une population majoritairement âgée, particulièrement vulnérable face au nouveau coronavirus, relève Franco Garelli.

Mardi, un évêque du Piémont (Nord-Ouest) qui a frôlé la mort en raison du coronavirus a critiqué les prélats frondeurs italiens appelés à "la prudence". "Ce n'est pas le moment de montrer les dents, mais de collaborer!", a préconisé Mgr Derio Olivero, dans la Repubblica.

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