Alice fait partie de la nouvelle génération des soignants. Cette médecin généraliste de 37 ans, qui a préféré garder l'anonymat, est installée depuis six ans, à Caen. Pour soigner sa patientèle de centre-ville, elle doit, comme beaucoup, compter sur "la débrouille".
C'est l'épineuse question des moyens qui cristallise sa colère, sa déception. Ses masques ? La plupart ont été donnés par ses patients : la coiffeuse, le bricoleur… Comme elle n'en a pas assez, elle les met en quarantaine, de côté, pendant quelques jours, avant de les reporter. "Quand on prête serment, la première chose, c'est de ne pas nuire. Là on bafoue tout, en allant soigner sans masque. On contamine". Pour s'informer sur le Covid-19, elle a dû compter sur les témoignages de ses confrères des premiers "clusters". Elle a vu arriver ses premiers patients atteints, "jusqu'à six ou sept suspicions par matinée". Puis plus personne, ou presque, parce que les malades chroniques n'osaient plus venir. "Aujourd'hui, je récupère des cas livresques. Du jamais vu (...) Il faudra que personne n'oublie."
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