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[Témoignage] Coronavirus. Manipulatrice radio au CHU de Rouen, en première ligne

En première ligne face aux malades du coronavirus au CHU de Rouen, Anissa Leblond est manipulatrice radio. Elle raconte son quotidien, l'organisation du service et ses inquiétudes personnelles.

[Témoignage] Coronavirus. Manipulatrice radio au CHU de Rouen, en première ligne
Parmi le personnel soignant amené à être en contact avec les malades du coronavirus, les manipulateurs radio sont de ceux qui sont en première ligne.

Ce n'est pas la profession médicale que le grand public connaît forcément : celle de manipulateurs radios. Pourtant, depuis le début de la crise sanitaire du coronavirus, ils font partie de ces métiers en contact direct avec les malades. "Dès le début, nous avons été très exposés, puisqu'à l'arrivée des patients aux urgences, nous devions faire une radio du thorax au but de diagnostic de Covid", raconte Anissa Leblond, manipulatrice radio au CHU de Rouen. Des contrôles journaliers sont aussi nécessaires pour les patients se trouvant en réanimation puisqu'ils sont en détresse respiratoire. "Pareil, on y va pour tout le suivi", pointe Anissa Leblond.

Le scanner comme outil de diagnostic

L'organisation est désormais bien établie au sein du CHU pour l'accueil des patients Covid, avec le scanner des urgences désormais dédié entièrement à ces cas pour le diagnostic. "Le scanner est très performant, puisque sur une imagerie, en dix minutes, on peut être sûr ou pas qu'un patient a le coronavirus", poursuit la manipulatrice radio. Les autres patients sont désormais orientés vers l'autre scanner dont dispose le CHU.

"On a renforcé nos équipes avec plus d'agents pour faire tourner la machine, raconte Anissa Leblond. Le problème, c'est qu'on prend en charge les patients, mais après, il y a le temps de désinfection du matériel qui prend beaucoup de temps." Ainsi, selon nos informations, ce sont en moyenne 35 examens qui sont réalisés sur le scanner dédié aux cas de Covid-19. "C'est moins que d'habitude sur une machine de ce type", indique notre source hospitalière, alors que l'appareil réalise normalement plus d'une cinquantaine d'examens par jour. Cette différence de chiffres étant, en effet, liée au temps de désinfection des machines avec un protocole établi.

Une entraide entre collègues

Pour Anissa Leblond et ses collègues, "physiquement, c'est éprouvant et psychologiquement, ça l'est tout autant". Mais ce qui lui fait plaisir, c'est l'entraide entre collègues et la "solidarité entre toutes les équipes". "On se soutient car on vit tous la même chose et ce qui fait plaisir, c'est de voir un peu l'engouement autour de soi et tous les messages d'encouragement que l'on peut recevoir."

"Ce qui est très dur, c'est la pression, poursuit Anissa Leblond. On se met déjà tout seul la pression à se dire 'tu vas rentrer dans une chambre, tu vas faire ton patient, là il ne faut pas que tu fasses de connerie' et il ne faut pas repartir de la chambre avec tout." Elle s'inquiète aussi de la vague qui va arriver mais "le pic commence déjà, on sent la courbe qui commence à augmenter grandement. Ça fait peur aussi, car on se dit que là, on arrive à prendre le temps de réfléchir aux gestes que l'on fait, est-ce qu'on aura le temps de prendre le temps de réfléchir ?"

"Je rentre à la maison, je ne suis pas sereine"

Alors que le CHU de Rouen a annoncé le dépistage positif d'une quarantaine d'employés, cette inquiétude touche aussi Anissa Leblond, qui rappelle les précautions en place : "Nous portons un masque chirurgical constamment, de l'arrivée à l'hôpital jusqu'à la sortie de notre poste. On évite les rapprochements avec nos collègues et dans la salle de pause, on s'espace. Et le lavage des mains, on met de la solution hydroalcoolique à foison et on n'a pas le choix."

"On en devient un peu parano et je rentre à la maison, je ne suis pas sereine. Je n'ai pas le même comportement. Déjà, psychologiquement, on rentre chez soi, on n'est pas libre, on a ce truc-là qui nous oppresse la tête et on cogite", souligne Anissa Leblond qui raconte ne "pas avoir les mêmes comportements" avec ses proches. "Faire des bisous, moi je cogite encore à me dire est-ce que je fais un bisou à ma fille ou pas, je dis toujours à ma fille 'ne t'approche pas trop' et je rentre à la maison, je me lave 15 fois les mains."

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1 commentaire

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SD Il y a 5 ans

Merci pour ce message 👍Pour ma part, je ne suis pas dans le milieu médical mais travaillant en bureau de Poste, nous sommes trop près des clients qui ont eu vraiment du mal à comprendre ..et quand je rentre à la maison, le mètre de protection me hante.. surtout que mon mari a des difficultés respiratoires... Bon courage à toutes vos équipes qui sont sur le front 👍

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