Le 5 mars 2019, deux personnels pénitentiaires de la prison de Condé-sur-Sarthe avaient été grièvement blessés lors de l'attaque terroriste d'un détenu radicalisé et de sa compagne. Un an après, le personnel de la prison est invité à se mobiliser.
Il y a tout juste un an, Yannick et Olivier, deux surveillants du centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe près d'Alençon avaient été grièvement blessés avec un couteau en céramique dans l'Unité de vie familiale (UVF) de la prison, par Michaël Chiollo, un détenu radicalisé, et par sa compagne. Le couple s'était ensuite réfugié de longues heures dans cette UVF. La femme avait finalement été abattue lors de l'intervention du Raid. La ministre de la Justice avait qualifié les faits d'attaque terroriste. De nombreux débrayages et deux semaines de mobilisation des personnels avaient fait suite à cet événement dans plusieurs prisons à travers tout le pays, pour réclamer davantage de moyens et de sécurité, à Caen, Le Mans, Val-de-Reuil, Rouen, Nantes, Rennes.
Un an après, symboliquement, à l'appel de leurs syndicats FO-pénitentiaire et Ufap-Unsa-Justice, les personnels du centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe sont invités à se réunir devant la prison, dès 6 heures le jeudi 5 mars. "Le mouvement se veut symbolique, mais il pourrait durer une partie de la journée", explique Grégory Ducrocq, délégué FO-Pénitentiaire. Les deux surveillants, eux, n'ont toujours pas repris le travail et, si certains moyens ont été obtenus depuis ce grave incident, "il reste beaucoup à faire", selon le délégué syndical qui cite des gilets pare-lame en nombre insuffisant et de piètre qualité, toujours pas de caméra dans l'UVF, des moyens de dissuasion qui doivent rester au vestiaire et les familles des détenus qui stationnent leurs voitures près de celles des surveillants…
Ecoutez ici Grégory Ducrocq.
À l'occasion de ce 1er anniversaire, les personnels de la prison veulent "montrer que cette date ne peut pas déjà tomber dans l'oubli", même s'ils craignent ce jour-là une rébellion des détenus radicalisés de la prison, en mémoire de la compagne du détenu qui a été abattue. Ils ont émis le souhait que les Eris de Rennes (forces spéciales pénitentiaires) viennent à Condé. Si l'on a plusieurs fois vu la ministre de la Justice à Condé il y a un an, le personnel déplore qu'un an après, "elle n'ait pris aucune nouvelle des deux surveillants qui avaient alors été blessés. Souhaitez-vous revivre ce qui s'est passé le 5 mars ?", interrogent-ils, alors que des agressions de surveillants se produisent toujours. Les dernières en date à Lyon et à Val-de-Reuil. La direction régionale pénitentiaire, que nous avons interrogée, n'a pour l'instant pas souhaité s'exprimer.
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