Une cinquantaine de personnes ont participé le mardi soir 3 mars à la réunion de création d'un comité de soutien à Zuhal, à la Maison de la vie associative à Alençon.
Cette jeune femme afghane âgée de 22 ans, menacée d'un mariage forcé dans son pays, l'a alors fui pour venir à Alençon rejoindre son père, qui y est réfugié politique. Mais en application des règles européennes, dites Dublin, la préfecture de région Normandie doit statuer le lundi 16 mars prochain sur son expulsion vers l'Allemagne, premier pays européen où elle a été contrôlée à son arrivée. Ce serait sans doute ensuite son retour en Afghanistan, où les Talibans la condamneraient à mort, pour être allée seule en Occident…
Un parrainage civil
Mais si Zuhal est aujourd'hui majeure (ce qui ne permet pas le regroupement), sa première demande de réunification familiale aurait été faite alors qu'elle était encore mineure, ce qui change tout… même si l'administration aurait malencontreusement égaré toute trace de cette demande. Petite once d'humanité dans ces procédures très administratives, la préfecture de l'Orne a toutefois demandé "des preuves du lien affectif entre la fille et son père". Il devrait pourtant exister ces preuves au Quai d'Orsay à Paris, puisque le père de Zuhal, qui ne peut plus rentrer en Afghanistan, a été pris en otage au Pakistan, où il se rendait pour… rencontrer sa fille Zuhal. Le Quai d'Orsay l'avait ensuite entendu.
Le lundi 16 mars à 10 heures, une mobilisation est annoncée devant la préfecture de région Normandie à Rouen. Celle-ci pourrait décider de reconvoquer Zuhal un peu plus tard, ou de l'assigner à résidence, ou encore de lui remettre ses papiers pour l'expulser immédiatement vers l'Allemagne. Pour éviter cette ultime solution, le comité de soutien créé le mardi 3 mars à Alençon veut organiser un parrainage civil pour Zuhal, par un élu et par une personnalité, pour médiatiser son cas, mais aussi pour sécuriser un temps soit peu sa situation. En fonction de la décision de la préfecture de région, ce parrainage devrait être effectué dès le lundi 16 mars ou dans les jours qui suivent.
Ecoutez ici Marie-Claire Cuesta, de la Cimade.
La sénatrice UDI de l'Orne Nathalie Goulet a déjà eu un échange musclé avec le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner. Le député NG Joaquim Pueyo a contacté le même ministre, mais aussi le Premier ministre Édouard Philippe. D'autres élus sont également intervenus. Une pétition de soutien a déjà recueilli près de 5 000 signatures. La Cimade et la Ligue des Droits de l'homme invitent tous ceux et celles qui le souhaitent à rejoindre le comité de soutien à Zuhal. Contact : alencon@lacimade.org
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