La sénatrice Amy Klobuchar s'affichera lundi soir aux côtés de l'ancien vice-président lors d'un meeting de campagne à Dallas, au Texas, tout comme l'ancien maire Pete Buttigieg selon les médias américains. Le Texas est l'un des 14 Etats américains appelés à voter lors de la "super" journée électorale de mardi.
Avec l'abandon de ces deux candidats modérés, la course démocrate à la Maison Blanche ne compte plus que cinq concurrents, et la voie s'est clairement dégagée au centre pour Joe Biden.
"La plupart des Américains ne veulent pas une promesse de révolution, ils veulent la garantie de résultats", a déclaré Joe Biden lors d'un rassemblement lundi après-midi à Houston, au Texas, en référence à la "révolution politique" promise par le sénateur Sanders.
"Une question de dynamique"
Mais avant que la primaire ne se résume à un duel Biden-Sanders, deux septuagénaires aux positionnements très éloignés, l'ancien vice-président des Etats-Unis devra encore composer mardi avec un troisième homme: Mike Bloomberg.
Ce dernier, qui compte parmi les dix plus grosses fortunes mondiales, a osé une tactique inédite en faisant l'impasse sur les quatre premiers Etats (Iowa, New Hampshire, Nevada et Caroline du Sud) à se prononcer dans la primaire.
L'homme d'affaires new-yorkais de 78 ans, qui a déjà dépensé en publicités politiques plus d'un demi-milliard de dollars, un record, joue gros pour son entrée en lice.
Une contreperformance marquée tuerait quasiment sa campagne dans l'oeuf et laisserait Joe Biden comme seul rempart modéré à Bernie Sanders, dont les idées très à gauche inquiètent une partie de l'establishment démocrate.
Joe Biden se pose lui, du haut de ses années d'expérience politique, comme le candidat le plus à même de déloger Donald Trump de la Maison Blanche.
A Houston, sous des applaudissements fournis et devant un parterre composé en majorité d'Afro-Américains, le vice-président a mentionné à plusieurs reprises l'héritage de Barack Obama, dont il a été le bras droit.
En apprenant le retrait de la sénatrice Amy Klobuchar, annoncé quelques minutes avant le début du meeting, certains supporteurs venus écouter Joe Biden exprimaient leur satisfaction, comme Myliesha Smiley, une étudiante de 23 ans: "Maintenant qu'elle soutient Joe Biden, cela va apporter davantage de votes" à l'ancien vice-président, s'est-elle félicité.
"Bon timing"
"Les dés sont pipés contre Bernie, ça ne fait pas de doute", a déclaré lundi Donald Trump, qui ne se prive pas de chercher à attiser les divisions au sein du parti démocrate, en soufflant notamment sur les braises du ressentiment des supporteurs de Bernie Sanders, qui avait échoué à remporter l'investiture face à Hillary Clinton en 2016.
Dimanche, le président américain avait estimé que le retrait de l'ancien maire de la ville de South Bend, dans l'Indiana, profiterait à Joe Biden. "Pete Buttigieg arrête. Toutes ses voix du +Super Tuesday+ iront à Joe l'endormi. Bon timing", avait écrit le président sur Twitter. "Les démocrates commencent pour de vrai à sortir Bernie du jeu".
Encore inconnu il y a un an, "Mayor Pete" avait progressivement percé, au point de remporter début février le premier vote de la primaire, dans l'Iowa.
Mais ses mauvais résultats dans le Nevada et en Caroline du Sud ont mis en lumière sa difficulté à mobiliser au sein de l'électorat noir et hispanique, et le trentenaire homosexuel a déclaré se retirer au nom du "rassemblement" nécessaire pour battre Donald Trump dans les urnes le 3 novembre.
Selon la société d'analyse Morning Consult, le report de ses voix serait équivalent entre Bernie Sanders, Joe Biden et Mike Bloomberg.
A la veille du "Super Tuesday", les sondages étaient largement favorables au sénateur du Vermont. Le socialiste autoproclamé -- un terme très marqué à gauche aux Etats-Unis -- y pointait en tête dans trois (Californie, Texas et Virginie) des quatre Etats offrant le plus de délégués pour la Convention qui décidera in fine en juillet du nom du candidat démocrate à la présidentielle.
Seule la Caroline du Nord penchait du côté de Joe Biden, globalement mieux placé dans les intentions de vote que Mike Bloomberg.
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