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Opération ville morte: Pékin aux prises avec l'épidémie

Dans un restaurant pékinois, une affichette l'assure: "Ce commerce a été désinfecté aujourd'hui". Mais aucun convive à l'horizon: paniqués par l'épidémie de coronavirus, les Chinois ont déserté magasins et lieux publics.

Opération ville morte: Pékin aux prises avec l'épidémie
Des passants à Pékin le 28 janvier 2020 protégés par un masque - NICOLAS ASFOURI [AFP]

D'habitude très fréquentés, les innombrables centres commerciaux de la capitale restent vides. Seuls quelques véhicules s'aventurent sur des avenues silencieuses, donnant à la mégapole de 20 millions d'habitants un air de ville fantôme en plein congé du Nouvel an lunaire.

Alors que l'épidémie de pneumonie virale s'accélère, avec 132 morts et près de 6.000 patients contaminés, les autorités encouragent les gens à rester calfeutrés chez eux, les invitant à porter un masque s'ils doivent sortir.

L'ambiance anxiogène n'incite de toute façon guère à mettre le nez dehors. Dans les stations de métro, des contrôles de température sont effectués par des agents en combinaison intégrale.

La température corporelle est également surveillée dans les gares, hôtels, commissariats... et jusque dans les complexes résidentiels, à l'entrée desquels un thermomètre est imposé au front de tous les visiteurs.

Dans ce contexte, difficile pour le centre commercial Taikoo Li, dans l'est de Pékin, d'attirer le chaland.

On n'y croise qu'une poignée de clients au fil des étages, où flotte l'odeur entêtante de produits désinfectants. Un peu partout, des posters enjoignent les visiteurs à se couvrir le visage.

Beaucoup d'enseignes sont fermées. Le restaurant de viande braisée Hao Lu Wei reste ouvert, mais malgré sa promesse d'un nettoyage intensif et régulier, personne n'y est attablé.

"Au moment de faire vos emplettes, soyez assurés que notre magasin a fait l'objet d'une désinfection approfondie. Bonne année!", affirme en vitrine un opticien... également déserté.

Pharmacies à court de stocks

A l'inverse, les commerces proposant masques et liquides désinfectants sont en rupture de stock, tandis que le prix des produits concernés s'envole sur les site de vente en ligne.

"Nous n'avons absolument plus rien depuis le Nouvel an" chinois, tombé le 25 janvier, se désole un pharmacien, face à un livreur désespérément à la recherche d'une solution hydro-alcoolique.

La demande est immense, encore renforcée par les consignes officielles: la province du Guangdong (110 millions d'habitants) a imposé de se couvrir le visage dans les lieux publics, et plusieurs régions lui ont emboîté le pas. Les autorités poussent à intensifier la production de masques.

Certes, Pékin se vide d'ordinaire d'une partie de sa population au Nouvel an, quand les travailleurs migrants et de nombreux habitants rentrent dans leur région d'origine. Mais de nombreux touristes gagnent alors la capitale, et les Pékinois eux mêmes se pressent dans les foires du Nouvel an organisées dans les temples et parc de la ville.

Or, en raison de l'épidémie, ces événements festifs ont été annulés et les voyages en groupe suspendus dans tout le pays. Les transports sont eux mêmes paralysés, avec l'annulation d'au moins 2.000 trains inter-provinciaux.

'On ne sait pas quoi faire'

Confinés chez eux, les Chinois trompent leur ennui sur les réseaux sociaux à coups de messages sarcastiques. Dans une vidéo très partagée sur la messagerie WeChat, on voit des joueurs de mah-jong attablés... avec des sacs en plastique transparents autour de la tête.

Dans les rues de Pékin, on croise néanmoins quelques audacieux piétons: dans le quartier de Sanlitun, connu pour ses bars et magasins, deux trentenaires retirent leur masque et se détendent en fumant une cigarette dans une relative insouciance.

Dans une salle de jeux voisine, un homme tente sa chance avec une machine à pince. Interrogé par l'AFP, il juge que ces machines doivent être désinfectées régulièrement mais n'en est pas totalement certain: "On essaye de rester le maximum à la maison", soupire-t-il. Mais finalement, "on est venu ici, parce qu'on ne savait pas quoi faire d'autre".

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