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La grève des transports à Paris n'a pas fait que des perdants

Si les Parisiens et les entreprises de la région parisienne ont été mis à rude épreuve par un mois et demi de grève dans les transports, pour certains, le mouvement social contre la réforme des retraites en France a été plutôt une aubaine.

La grève des transports à Paris n'a pas fait que des perdants
Des usagers sur des trottinettes de location, à Paris, le 10 décembre 2019 - Philippe LOPEZ [AFP/Archives]

"Pour nous, taxis, ça a été bon", souligne auprès de l'AFP Jean-Robert Philippe, 55 ans, conducteur indépendant, à propos de la grève qui a débuté le 5 décembre et s'éteint doucement depuis quelques jours. Les transports publics parisiens sont quasiment revenus à la normale.

En décembre, ses ramassages quotidiens ont doublé par rapport aux autres années. D'habitude, la période est assez calme, les Parisiens quittant la ville pour des fêtes de Noël et de la Saint-Sylvestre en famille.

Or, cette année, les taxis étaient parfois réservés plusieurs jours en avance, les Parisiens privilégiant ce type de transport aux tarifs stables plutôt que les sociétés de véhicules avec chauffeur, type Uber ou Kapten, dont les prix ont bondi avec la demande. Ce qui n'empêchait pas ces services de fonctionner à plein tandis que les agences de location affichaient pénurie de voitures.

Résultat: les rues de la capitale ont offert des semaines durant le spectacle de combats pour l'espace entre voitures, rares bus, cycles, glisse urbaine en tout genre et piétons, dans une cacophonie d'avertisseurs sonores et de vociférations.

Nouvelles mobilités urbaines

D'autant que les voies de circulation ont été prises d'assaut par une marée de débutants à bicyclette, scooter ou trottinette, certains maladroits ou téméraires.

Lime, loueur de trottinettes électriques, a enregistré 8.000 nouveaux utilisateurs le premier jour de la grève puis une moyenne de 4.000 par jour. La société a enregistré sur la période une augmentation de 75% de ses locations à Paris, avec jusqu'à 120.000 utilisateurs les jours de manifestations.

Cityscoot, loueur de scooters électriques, rapporte même une hausse de 150% de ses locations en décembre par rapport à décembre 2018. Les nouveaux abonnements ont augmenté de 400%.

Bus et covoiturage

Le covoiturage facilité par les applications mobiles a également eu le vent en poupe. Ainsi Karos rapporte-t-elle à l'AFP avoir eu 100.000 nouveaux abonnés en décembre, "soit huit à 10 fois plus qu'un mois traditionnel", sans grève.

Sur les trajets longs, les bus ont tenté de pallier la grève des trains. La compagnie de cars Flixbus dit avoir transporté plus d'un million de passagers en décembre, soit près de deux fois plus qu'un an plus tôt.

Repas à domicile

Et, bien sûr, les habitants de la région parisienne ont beaucoup marché pour se rendre à leur travail quand d'autres optaient pour le télétravail.

Sorties au restaurant, voire simples courses, ont pu s'en ressentir, au bénéfice des entreprises de livraison de repas à domicile. Les commandes de Deliveroo ont ainsi augmenté de 20% en décembre, et même 25% en comptant la banlieue.

La situation a également eu des avantages pour certains petits commerçants de banlieue. Lofti Baushih, boulanger à Aulnay-sous-Bois, au nord-est de la capitale, a vu ses ventes tripler au premier jour de la grève, vendant pain et pâtisseries aux Aulnaysiens restés sur place pour une fois - en congé ou télétravail. "Nous avons travaillé comme des fous", résume-t-il avec un joyeux sourire.

Un autre secteur a connu des retombées avantageuses alors que les Parisiens marchaient et pédalaient : les masques anti-pollution. Le fabricant français R-Pur dit avoir enregistré une hausse de 30% de ses ventes.

Côté santé également, une start-up spécialiste de la télémédecine, Medadom, affirme que le nombre d'utilisateurs de son application pour consultations en ligne a augmenté de 50% depuis le début de la grève, avec un record de 320 consultations en une seule journée.

"Beaucoup de cas sont liés à la grève, les patients indiquant souvent qu'ils n'ont pas trouvé de médecin disponible ou n'ont pas pu se déplacer", a expliqué à l'AFP le cofondateur Nathaniel Bern.

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