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Face aux nouvelles accusations de violences policières, l'exécutif infléchit son discours

Face à de nouvelles accusations de violences policières, le gouvernement a décidé d'infléchir sa rhétorique en appelant les forces de l'ordre à "l'exemplarité" avec un "usage juste et proportionné de la force".

Face aux nouvelles accusations de violences policières, l'exécutif infléchit son discours
Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner à Matignon, le 25 novembre 2019 - STEPHANE DE SAKUTIN [AFP/Archives]

Deux jours après avoir déjà rappelé les forces de l'ordre à leur professionnalisme et à leur déontologie, devant un panel de citoyens, Christophe Castaner a enfoncé lundi le clou en consacrant une bonne partie de ses vœux à la Police nationale, au devoir "d'exemplarité" et à "l'éthique", à l'école nationale supérieure des officiers de police (Ensop) de Cannes-Ecluse (Seine-et-Marne).

Même si l'exécutif réfute toujours le terme de violences policières.

"L'usage juste et proportionné de la force est ce qui sépare la démocratie de l'arbitraire, ce qui distingue l'ordre et la brutalité, c'est le fondement, aussi, de notre confiance avec les Français", fait valoir le ministre de l'Intérieur tout en célébrant par ailleurs, l'engagement quotidien des policiers.

"C'est l'honneur de la police qui est en jeu, on ne fait pas de croche-pied à l'éthique, sauf à s'abaisser, à abaisser la police", a complété le ministre, une référence explicite à une vidéo montrant un policier faisant un croche-pied à une manifestante à Toulouse.

Christophe Castaner a également souligné l'obligation du port du numéro d'identification dit RIO.

"Le ministre a toujours tenu un discours équilibré sur la question de l'usage de la force, même si son propos a parfois été caricaturé. Samedi dernier et ce matin encore, il a voulu mettre l'accent sur l'exigence d'exemplarité après plusieurs interventions litigieuses", a assuré son entourage.

Ces images du croche-pied comme d'autres captées lors des récentes manifestations contre la réforme des retraites, et qui pour certaines ont donné lieu à l'ouverture d'enquêtes judiciaires, ont provoqué une nouvelle vague d'accusations contre les violences policières, un terme réfuté depuis plus d'un an par l'exécutif et le début de la contestation des "gilets jaunes".

- Mort lors d'une interpellation -

En ce début d'année, elles s'ajoutent à la mort d'un père de famille de 42 ans travaillant comme livreur, victime d'un malaise cardiaque le 3 janvier aux abords de la Tour Eiffel après avoir été plaqué au sol, casque sur la tête, par plusieurs policiers lors d'un contrôle routier houleux.

Ces nouveaux cas viennent renforcer l'argumentaire de manifestants, militants, partis politiques d'opposition et défenseurs des libertés publiques qui dans le sillage du mouvement "gilets jaunes", dénoncent l'omerta et l'inaction du gouvernement sur les "violences policières".

Outre le décompte réalisé par le journaliste David Dufresne depuis le début du mouvement "gilets jaunes" de 24 personnes éborgnées, deux personnes sont mortes en marge d'épisodes de maintien de l'ordre controversées ces derniers mois, Zineb Redouane à Marseille, le 1er décembre 2018 et Steve Caniço, lors de la fête de la musique à Nantes.

Dimanche soir, Edouard Philippe, tout en affichant sa "solidarité" et sa "confiance" aux forces de l'ordre, a lui aussi rappelé que lorsqu'il est "fait un usage disproportionné (de la force), alors il doit y avoir enquête, et sanction le cas échéant."

En août, Emmanuel Macron avait déjà évoqué les "blessures inacceptables" de certains manifestants.

Alors qu'il doit prochainement passer la main, le directeur général de la police nationale (DGPN) Eric Morvan s'est lui aussi fendu d'un avertissement à ses troupes lors des vœux de ce lundi.

"Je suis inquiet de l'affaiblissement de l'image de la police nationale qui s'installe à la faveur des opérations de maintien de l'ordre", a-t-il déclaré.

"Le maintien de l'ordre ne produit jamais de belles images même quand il est conduit avec une extrême rigueur mais (...) il est plus que jamais indispensable de ne jamais trahir la doctrine", a-t-il souligné, au risque selon lui, d'être "entrainé dans un cercle vicieux".

"La lettre de Maurice Grimaud n'a jamais été aussi actuelle", a-t-il averti en référence à la missive envoyée par l'ex-préfet de police de Paris aux policiers en 1968, restée célèbre par la phrase: "Frapper un manifestant tombé à terre, c'est se frapper soi-même".

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