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Retraites: compromis en vue avec les réformistes mais pas d'arrêt immédiat de la grève

Le retrait par le gouvernement du fameux "âge pivot" de la réforme des retraites samedi ouvre la voie à une sortie de crise avec le retour à la négociation des syndicats réformistes, mais les opposants ne désarment pas, écartant l'hypothèse d'une fin rapide du conflit.

Retraites: compromis en vue avec les réformistes mais pas d'arrêt immédiat de la grève
Manifestation contre la réforme des retraites, le 11 janvier 2020 à Nantes (Loire-Atlantique) - LOIC VENANCE [AFP]

Les Franciliens qui endurent des difficultés de transport depuis 39 jours risquent d'avoir à patienter: l'intersyndicale (CGT, FO, CFE-CGC, FSU, Solidaires et organisations de jeunesse) appelle à poursuivre le mouvement et à défiler le 16 janvier pour la sixième fois depuis le début du conflit le 5 décembre.

Certes, les "réformistes", opposés à l'âge pivot mais favorables au nouveau système à points (CFDT, Unsa et CFTC) ont saisi la main tendue par le gouvernement, mais les "contestataires" fers de lance des grèves, CGT, FO et Solidaires ne cèdent pas un pouce pour l'instant.

Sur TF1, Philippe Martinez (CGT) a minimisé l'impact de l'entrée en négociation de la CFDT et de l'Unsa: "On verra ce que disent les cheminots de la CFDT et les agents de la RATP de l'Unsa !" a-t-il lancé, soulignant que "le retrait ( du projet de loi) reste l'exigence majeure d'une majorité de syndicats qui représentent une majorité de salariés".

Le secrétaire général de la CGT Cheminots, Laurent Brun, a renchéri sur BFMTV: "Je ne vois pas des salariés qui aujourd'hui ont perdu quasiment un mois et demi de salaire sur des revendications précises pour la défense de leur retraite, dire: ben voilà, il va y avoir une discussion entre Laurent Berger et le Premier ministre, ils vont s'entendre sur une nouvelle mesure de contrainte budgétaire".

Si pour Fabien Villedieu (Sud Rail), l'annonce du gouvernement va "rebooster" la détermination des grévistes, l'arrivée des feuilles de paye de janvier risque bien de refroidir certains salariés.

"On voit bien que des collègues veulent reprendre le travail", constatait, désabusé, un agent de la ligne 2 rencontré par l'AFP dans la manifestation de samedi. "Ça va être compliqué de continuer sur le plan financier". "Ça pourrait continuer s'il y avait un engagement national, mais on voit bien que le privé n'a pas suivi".

Les assemblées générales de lundi donneront une indication sur la poursuite du mouvement à la SNCF et à la RATP.

Les manifestations de jeudi prochain seront aussi un test, alors que l'affluence décroit dans la rue: samedi, les manifestants étaient 149.000 selon le ministère de l'Intérieur, 500.000 d'après la CGT, soit un tiers de la participation de jeudi 9 (452.000 à 1,7 million).

Bataille de l'opinion

Gouvernement et syndicats auront les yeux braqués sur les prochains sondages. "L'opinion publique soutient les grévistes", clamait samedi soir Philippe Martinez.

La "conférence de financement" qui doit se mettre en place fin janvier pour trouver un accord d'ici fin avril sur l'équilibre financier du système sera déterminante.

"Le gouvernement a fait un geste, et nul ne peut le contester. Mais ce retrait n'est pas un chèque en blanc", a averti le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger, premier syndicat, dans le JDD.

Gouvernement et patronat restent favorables à une mesure d'âge et s'opposent à toute hausse des cotisations. Le gouvernement a également écarté une baisse des pensions, ce qui laisse une marge de manoeuvre étroite aux négociateurs.

Dans le JDD, Laurent Berger évoque d'autres recettes et se dit prêt à parler de "la question du fonds de réserve des retraites, de la prise en compte de la pénibilité pour différencier les âges de départ, de l'emploi des seniors, (...) de la réaffectation des cotisations".

Laurent Escure (Unsa) propose à nouveau dans Le Parisien dimanche de puiser dans "le fonds de réserve de 30 milliards d'euros", et "à partir de 2024, de prélever durablement 1 md ou 1,5 md sur ce que dégage la CRDS", contribution créée en 1996 pour résorber le déficit de la Sécurité sociale.

Le spectre de la négociation avortée de l'assurance chômage est dans toutes les têtes: faute d'accord entre partenaires sociaux, le gouvernement avait repris la main et changé les règles au grand dam des syndicats.

"Je prendrai mes responsabilités", assure Edouard Philippe dans sa lettre aux partenaires sociaux.

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