La décision était attendue. C'est fait désormais. Le préfet de Seine-Maritime, Pierre André-Durand, autorise vendredi 13 décembre, par arrêté, la réouverture partielle du site de Lubrizol à Rouen. "Pour l'État, il n'y avait qu'une seule ligne, celle de la sécurité, assure le haut fonctionnaire. Il n'était pas question d'autoriser une réouverture, même partielle, si le dossier de demande ne présentait pas des garanties très élevées en termes de sécurité." Deux idées fortes sont à retenir, selon le préfet. Les quantités de matières premières sur le site d'abord, sont largement réduites. "On passe de 8 600 tonnes à 531 tonnes." L'autre condition était un rehaussement des moyens de luttes anti-incendie et de rétention des eaux souillées en cas d'incendie, pour éviter toute pollution dans la Seine.
Deux unités de mélange
La demande de réouverture partielle de Lubrizol porte sur trois hectares des 14 de production, qui sont intacts. Les deux hectares qui ont brûlé sont à distance, du côté des entrepôts. Elle concerne deux unités de mélange du site. L'arrêté signé, le démarrage est possible très rapidement, "même demain matin puisque nous avons des équipes 24h/24", a précisé Isabelle Striga, directrice générale de Lubrizol France. Un démarrage qui va être progressif et prendre plusieurs jours, "le temps d'acheminer les matières premières dont on a besoin". L'annonce de la réouverture a été faite après une nouvelle réunion du comité pour la transparence, qui réunit les représentants des industriels, de l'État, des élus locaux et des associations. Elle fait suite à la fois à un rapport favorable de la Dreal, la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement, puis du Coderst, le Conseil départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques. Une décision que le préfet avait promis de suivre, malgré les interrogations des associations de sinistrés, qui jugent "incompréhensible" une réouverture, alors même que l'on ne connaît pas encore l'origine de l'incendie. Quant à savoir si cette réouverture est une première étape vers une reprise plus globale, le préfet botte en touche. "Ça ne me paraît pas concevable dans les prochaines semaines car il y aura un travail important à faire", explique-t-il, avant d'indiquer que Lubrizol devra passer par les mêmes étapes : présenter un dossier, déployer des moyens incendie considérables, être vérifié par la Dreal, passer devant le Coderst et alors, obtenir un avis éventuellement favorable. Ces questions ne seront pas posées avant que la partie qui a brûlé ait été entièrement traitée, ce qui n'est toujours pas le cas à l'heure actuelle.
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