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Caen. Trente mois de prison ferme pour une nuit de violences à la Guérinière

Cinq hommes étaient à la barre du tribunal correctionnel de Caen (Calvados) mardi 19 novembre 2019, jugés dans une affaire de vol en réunion, tentative et extorsion par violence.

Caen. Trente mois de prison ferme pour une nuit de violences à la Guérinière
C'est dans le quartier de la Guérinière, à Caen (Calvados), qu'a eu lieu ce déferlement de violence, dont les coupables ont été jugés mardi 19 novembre 2019.

Le mardi 19 novembre 2019 se sont présentés à la barre du tribunal correctionnel de Caen (Calvados) cinq prévenus, de 23 à 30 ans, un sixième homme étant rentré dans son pays d'origine depuis les faits. Ils étaient entendus pour vol en réunion, tentative et extorsion par violence, pour des actes commis dans la nuit du 18 au 19 février 2018.

Un lynchage collectif

Le scénario, particulièrement violent, se déroule en trois temps.

D'abord, à un arrêt de tramway de la Grâce de Dieu à Caen, un groupe de trois hommes se retrouve et décide d'acheter de l'alcool pour la soirée. Chacun doit contribuer à l'achat, à hauteur de 10 euros par personne. Pour une raison inexpliquée, on demande à l'un d'eux de rajouter 10 euros de plus. Il refuse. Premières claques et première balayette qui le met à terre.

On l'emmène alors sous la contrainte - "on va te faire ta fête" lui dira l'un des protagonistes - vers la cave d'un des membres du groupe, située dans le quartier de la Guérinière. D'autres hommes les y rejoignent. Coups de pied, coups de poing, gifles. On tente de lui extorquer son code de carte bleue. Il ne donne pas le bon. Sous les coups, il perd un moment connaissance. "Ils se sont défoulés sur moi", dit la victime à l'audience.

Enfin, au bout de deux heures de tabassage, on le met dans une voiture pour le ramener chez lui. En fait, il se réfugiera chez une amie dans un état second.

Une instruction "grand bazar !"

A l'hôpital, le bilan est lourd : multiples contusions, hématome sous-dural, fracture vertébrale. Après avoir subi une intervention chirurgicale et une dizaine de jours d'hospitalisation, il rentrera chez lui avec de grosses séquelles : céphalées, vomissements, port d'un corset, troubles de mémoire, troubles neuro-visuels, syndrome anxio-dépressif et post-traumatique sévère qui, aujourd'hui encore, persistent.

Qu'est ce qui a pu pousser cette bande d'individus à de tels actes d'agressivité ?  Qui a frappé, quand ? Les réponses à ces questions restent incertaines. Durant toute l'instruction qui a suivi la mise en examen des six prévenus, chacun a rejeté la faute sur l'un ou l'autre, a changé de version. Il n'en ressortira rien. "Cela a été le grand bazar", constate la présidente. Ce qui est certain, c'est que personne n'a porté assistance à la victime. Seul l'un d'entre eux lui a téléphoné le surlendemain pour prendre des nouvelles, et aussi pour lui demander de ne pas porter plainte en avançant l'argument qu'ils étaient tous Tunisiens. "Là n'est pas la question, le fait de ne pas être Français n'empêche pas de porter plainte", réagit la présidente.

Lâcheté et responsabilité collective

Le tribunal pointe "la grande lâcheté" des protagonistes. Le ministère public pointe la responsabilité individuelle et collective des prévenus, dont la plupart ont des antécédents, la partie civile pointe la vie détruite de la victime. "Dans un contexte de grande confusion, où les responsabilités individuelles n'ont pas été clairement établies, prononcer une peine qui ne s'appuierait que sur le casier de chacun serait injuste", estime l'un des avocats de la défense. Avocats qui tentent, chacun leur tour, d'humaniser un tant soit peu leur client en évoquant la volonté d'insertion, de régularisation, la bonne conduite depuis les faits, l'ancrage dans la société française au travers de la vie familiale avec femme et enfants.

Le tribunal condamnera à l'issue de cette longue audience les six prévenus : 30 mois de prison ferme pour Lassaad Zagdoud, 30 mois d'emprisonnement dont 18 ferme et mise à l'épreuve pour Hamza Zaghdoud et Sabri Zouaghi et enfin deux ans de prison dont un ferme et mise à l'épreuve pour Ala Eddine Hamrouni, Heni Mallouli et Yanis Bonzomita. Un aménagement des peines pourra être demandé même si "cela n'est en aucun cas automatique, il faut en remplir toutes les conditions", rappelle la présidente.

Emmanuelle Réquéna

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