C'est un incendie qui avait coûté la vie à quatorze personnes, dans la nuit du 5 au 6 août 2016 à Rouen (Seine-Maritime). Une bougie qui enflamme le revêtement d'un plafond du sous-sol du Cuba Libre. Et qui fait d'un anniversaire un drame. Aujourd'hui, lundi 9 septembre 2019, deux prévenus comparaissaient devant la justice pour homicides involontaires : le propriétaire du bar et son frère, gérant. Revivez le premier jour de ce procès hors-norme.
Ce premier jour de procès se termine devant le tribunal correctionnel de Rouen. Il aura duré environ 10 heures. Reprise de l'audience demain, mardi.
Les avocats des parties civiles reprennent leurs questions à destination des deux prévenus sur les travaux effectués dans le bar.
Amirouche Boutrif est, lui aussi, interrogé sur les travaux réalisés par son frère au sein du Cuba libre.
A nouveau, Nacer Boutrif répète qu'il ne savait pas qu'il lui fallait une autorisation pour réaliser des travaux dans son établissement.
La question des issues de secours est abordée par la présidente du tribunal. Elle sera développée en détails demain.
Les travaux d'isolation dans la cave ont été réalisés avec du "travail au noir" dénonce la présidente du tribunal.
Le tribunal se penche sur l'utilisation de mousse phonique pour lutter contre le bruit. Cette mousse a été utilisée dans la cave et à rapidement pris feu lors du drame.
L'audience va reprendre avec l'examen des travaux réalisés dans le Cuba libre.
En attendant, un point à suivre dans vos infos de 17 heures sur l'antenne de Tendance Ouest.
Au tour de Pascal Prache, le procureur de la République de Rouen de demander des précisions aux deux prévenus.
L'expert-comptable qui travaillait depuis de longues années avec Nacer Boutrif n'avait pas été mise au courant des travaux dans le sous-sol. Elle avait vu des factures de matériaux sans en savoir la destination.
"Ce que je gagnais au bar, je le depensais pour mes amis, vous pouvez leur demander ils sont encore vivants", explique Nacer Boutrif. Sidération dans la salle. "Oui, eux sont encore vivants", lance Me Dominique Lemiegre qui représente des familles de victimes.
Les avocats des parties civiles poursuivent leurs demandes de précisions aux deux prévenus sur l'histoire du Cuba libre. Dans la salle, l'ambiance est plutôt tendue entre les parties civiles à l'écoute des réponses et les deux frères qui livrent leurs explications.
"J'ai caché la vérité pour le bailleur", ajoute Nacer Boutrif. Mais "quand on me demandais, je disais la vérité sur la salle".
Nacer Boutrif est interrogé par des avocats des parties civiles. Ils soulignent que le propriétaire voulait "éviter la résiliation du bail". Mais il n'avait pas conscience qu'il risquait aussi de changer de catégorie d'établissement.
Cette autorisation est refusée car la mairie n'a pas vu l'intérêt de la demande, rappelle la présidente.
En 2016, Amirouche Boutrif demande à la préfecture l'autorisation de fermer à 4h du matin au lieu de 2h. Il ne fait pas mention du sous-sol dans sa demande mais explique que les clients viennent tard et qu'il fait des soirées avec karaoké.
"Comme tous les frères, il y a des hauts et des bas. Mais nous avons été éduqués dans le respect", explique Nacer Boutrif à la question de sa relation avec son petit frère.
Si rien n'a été mentionné sur les travaux du sous-sol, c'était pour "éviter la résiliation du bail", explique la présidente. Nacer Boutrif acquiesce.
La présidente souligne le manque de "logique" de Nacer Boutrif qui n'a pas refait d'étude acoustique sur le bar après 2011 alors que le sous-sol avait été aménagé.
Amirouche Boutrif est toujours accompagné par une interprète. Mais le prévenu s'exprime dans un français très clair et n'a pas de difficultés à comprendre les questions de la présidente.
Toujours en 2015, ces aménagements ont permis de mettre des tables, des banquettes, une table de DJ, des lumières et des enceintes, détaille Amirouche Boutrif.
Il affirme aussi qu'il savait que les travaux effectués dans la cave par son frère n'avaient pas été déclarés.
"C'est pour dissimuler ce changement au propriétaire", interroge la presidente. "Oui", répond Amirouche Boutrif.
Si Amirouche Boutrif n'a pas fait figurer l'aspect danse et musique dans le sous-sol, c'est qu'il "pensait qu'on allait perdre le bar".
La présidente revient sur la mise en place d'une location-gérance en avril 2015 avec notamment un diagnostic amiante et performances énergétiques. Cette personne a notamment visité la cave et le fumoir au sous-sol qui était en "bazar" dans ses souvenirs.
La présidente cite une précédente audition de la comptable où elle dit n'avoir pas eu connaissance de l'aménagement du sous-sol.
Nacer Boutrif explique avoir dit à sa comptable qu'il avait aménagé le sous-sol comme salle de danse. Celle-ci l'aurait prévenu des changements qu'il fallait apporter.
La présidente interroge Aminouche Boutrif sur la création d'une société pour qu'il reprenne le bar en ayant connaissance, à ce moment là, que le Cuba libre avait une activité festive.
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