"Les premiers musées ont été créés quatre/cinq ans après la guerre. D'abord par des Normands collectionneurs, qui récupéraient partout ce que les soldats avaient laissé, puis sont nés des musées municipaux.", explique Dominique Saussey, spécialiste du D-Day au comité régional de tourisme (CRT). En effet, dès 1947, une loi promeut "la conservation du souvenir du débarquement".
"Il faut que le commissariat général du tourisme prévoie un plan de propagande, en France comme à l'étranger, en aidant tout spécialement les syndicats d'initiative locaux, de façon à faire réellement de cette région (...) un lieu de pèlerinage.", déclarait alors le rapporteur de cette loi, Raymond Triboulet.
20 millions de visiteurs chaque année
Soixante-dix ans plus tard, en 2017, le tourisme de mémoire normand affichait 4,67 millions de visiteurs, dont 49% d'étrangers, soit 31% de la fréquentation touristique de la région.
En France, les sites de mémoire attirent environ 20 millions de visiteurs chaque année, selon le gouvernement.
Parmi les étrangers visitant les sites de mémoire normands, en 2017, 20% étaient britanniques, 15% néerlandais, 14% américains, 11% allemands, 10% belges, selon le CRT.
"Il y a une progression des Allemands. On a très longtemps parlé au public allié. Désormais on ouvre sur le public allemand.", précise Mme Saussey.
À chaque grand anniversaire, la fréquentation marque un pic: 5,92 millions pour le 70e, 5,5 millions pour le 65e, 5,84 millions pour le 60e.
En 1995 encore, la fréquentation n'était que de 2,9 millions de personnes.
Les cimetières militaires plus fréquentés que les musées
Le site le plus fréquenté est le cimetière américain de Colleville-sur-mer (Calvados): un à deux millions de visiteurs viennent chaque année se recueillir parmi les 9.300 croix blanches surplombant les huit kilomètres de plage de sable fin d'Omaha Beach.
Viennent ensuite notamment le cimetière allemand de La Cambe (450.000 visiteurs en 2017) et le Mémorial de Caen (371.752).
Parmi les événements, les sauts de centaines de parachutistes dans la Manche, en hommage aux Américains largués sur Sainte-Mère-Église dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, attirent régulièrement plusieurs dizaines de milliers de personnes.
Les "bourses militaria", sorte de vide-greniers d'objets militaires, attirent chaque année des milliers de personnes de différentes nationalités, surtout autour du 6 juin dans ce département.
L'intérêt pour le débarquement a fléchi dans les années 1960 et 1970, mais l'organisation de grandes cérémonies de commémorations internationales à partir de 1984 a donné un coup d'accélérateur au phénomène.
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