L'annonce avait fait l'effet d'une bombe. Le 14 février 2019, l'entreprise Saint-Louis propriétaire de l'usine Cagny (Calvados) avait acté la fermeture de la sucrerie pour 2020. Un choc pour la filière sucre de Normandie. En plus des 85 salariés directement menacés, c'est toute une économie qui est sur la sellette. Producteurs de betteraves, salariés de l'usine, saisonniers… Au total, c'est plus de 1.500 emplois Normands qui sont concernés de près ou de loin par cette fermeture annoncée, environ 500 emplois directs ou indirects pour l'usine de Cagny et plus de 1.000 pour la filière betteravière.
Cinq usines impactées en Europe
Pour enrayer la chute du cours du sucre, Südzucker, la maison mère de Saint-Louis, veut réduire sa production de 700.000 tonnes en Europe. Cela passe, selon lui, par des fermetures d'usines, cinq au total dans l'UE, dont deux en France. Celle d'Eppeville dans la Somme et celle de Cagny, près de Caen (Calvados) en Normandie. Présenté le 25 février 2019, ce plan fait trembler toute la filière betterave/sucre en France. Le dossier a désormais une résonance nationale.
Fermeture de deux sucreries : Stéphane Demilly pointe "les conséquences désastreuses" sur la filière betteravière de la fin des quotas sucriers. "La France paie un lourd tribu ! Je vous demande de prendre en main ce dossier et d'exiger que Südzucker rende des comptes !" #DirectAN pic.twitter.com/10JOGdnYwv
— LCP (@LCP) 5 mars 2019
De nombreux rendez-vous à venir
Depuis, la résistance s'organise. Ce lundi 11 mars, les sénateurs du Calvados et tous les députés bas-normands ont signé un communiqué de presse commun. Toutes couleurs politiques confondues, ils expriment leurs oppositions à la fermeture annoncée du site de Cagny. La semaine dernière une partie d'entre eux ont interpellé le gouvernement sur la question, pour que l'exécutif prenne le dossier en main.
Les patrons à Bercy...
C'est chose faite, ce mercredi 13 mars, Didier Guillaume, ministre de l'agriculture et Agnès Pannier-Runacher secrétaire d'État auprès du Ministre de l'Économie vont recevoir les dirigeants de Südzucker à Bercy (Paris). Laurence Dumont, député PS de la 2e circonscription du Calvados fait pression pour assister à ce rendez-vous avec ces collègues parlementaires de Normandie et des Hauts-de-France : "On aurait plus de poids si les dirigeants allemands se retrouvaient devant le ministre et les élus locaux du territoire… Ça impose un rapport de force. Les allemands y seront sensibles."
... les salariés en Allemagne
Avant cela, mardi 12 mars, à Mannheim en Allemagne, une grande réunion va se tenir entre les représentants des salariés européens de Südzucker et les principaux dirigeants du groupe. À l'ordre du jour : la présentation du plan de restructuration du groupe. Un bus entier de salariés de l'usine Cagny et de planteurs de betteraves se rend sur place. Parmi eux, Loïc Touzé salarié à Cagny et délégué syndical central FO Saint-Louis Sucre : "On veut que Südzucker renonce à son projet qui nous semble incohérent. [...] Qui ne tente rien n'a rien !" Tant que rien n'est officiellement acté, le syndicaliste opte pour la négociation.
Loïc Touzé : "L'espoir fait vivre"
Du côté des producteurs de betteraves, une réunion se tiendra le 22 mars à Strasbourg. Les dirigeants de Südzucker recevront les représentants de la filière en Europe. Le président et le directeur général de la Confédération Générale des planteurs de Betteraves (CGB) en France seront présent.
Plusieurs scénarios pour Cagny
En attendant les rendez-vous de cette semaine, plusieurs scénarios se dessinent concernant l'avenir de la sucrerie Cagny près de Caen (Calvados).
Si les intentions de Südzucker se confirment, l'usine devrait garder une activité de stockage avec le maintien de huit postes seulement. Mais élus et salariés ne sont pas dupes : "C'est une stratégie pour contourner la loi Florange." explique la députée PS Laurence Dumont, dont l'usine Cagny se situe sur sa circonscription. En effet, si le géant Allemand maintient une activité sur le site, l'État français ne pourra pas obligé juridiquement l'Allemand à revendre l'usine.
Laurence Dumont : "Tordre gentiment le bras à nos amis allemands"
Pourtant du côté des betteraviers, on explique préparer une offre de reprise en coopérative. Mais pour se faire, l'État va devoir jouer des coudes : "Est-ce que le gouvernement a les moyens politiques et diplomatiques de tordre gentiment le bras à nos amis allemands ?" s'interroge Laurence Dumont. Une situation similaire à celle de l'usine Ford de Blanquefort (Gironde), dont l egouvernement n'a pu sauver la peau il y a quelques semaines.
Politique et diplomatie… On le devine, l'avenir de l'usine de Cagny se jouera loin des champs de betteraves du Calvados et de Normandie.
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