Journée habituellement chargée pour le Front national, ce 1er mai 2017 revêt une plus grande importance encore cette année pour l'extrême droite alors que Marine Le Pen, 15 ans après son père, s'est hissée au second tour de la présidentielle.
Réunissant ses partisans au Parc des Expositions de Villepinte (Seine-Saint-Denis), Mme Le Pen a attaqué très vivement son adversaire, en affirmant que "sa philosophie, c'est En marche ou crève !"
"Emmanuel Macron, c'est François Hollande qui veut rester et s'accroche au pouvoir comme une bernique", a-t-elle ironisé avant de détourner la formule restée célèbre du candidat Hollande en 2012 -"mon adversaire, c'est le monde de la finance"- en lançant: "Faites barrage à la finance", qui "a cette fois un nom", Macron.
Elle a réaffirmé que, si elle était élue, elle nommerait Nicolas Dupont-Aignan Premier ministre. Prenant la parole juste avant elle, ce dernier, vivement critiqué pour son ralliement dans son parti et dans son fief de l'Essonne, avait jugé que le choix du 7 mai consistait entre "la finance" de M. Macron et "la France" de Mme Le Pen.
Avant ce meeting, Marion Maréchal-Le Pen, le vice-président du parti Florian Philippot et les cadres du FN ont déposé dans la matinée une gerbe au pied d'une statue de Jeanne d'Arc dans le XIIIe arrondissement de Paris, mais en l'absence de la candidate.
Au même moment, Emmanuel Macron était lui venu fleurir la plaque en mémoire de Brahim Bouarram, un jeune Marocain tué dans la Seine par des militants proches de l'extrême droite en 1995 en marge d'un rassemblement politique de Jean-Marie Le Pen.
Après son déplacement vendredi dans le village martyr d'Ouradour-sur-Glane (Haute-Vienne) et au Mémorial de la Shoah dimanche, le candidat d'En Marche continue d'enchaîner des commémorations sur le thème de la lutte contre l'extrémisme.
Accompagné de l'ex-maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë, il a affirmé qu'il "n'oubliait rien" du passé frontiste de sa rivale, dont les "racines" extrémistes sont "vivaces".
Jean-Luc Mélenchon a lui aussi rendu hommage, un peu plus tard, au jeune Marocain, poussé dans la Seine par un petit groupe de skinheads depuis le pont du Carroussel. Le leader de La France insoumise, qui a mis en garde la veille contre la "terrible erreur" d'un vote FN sans donner pour autant de consigne de vote, se joindra dans l'après-midi à l'un des défilés du 1er mai.
Macron en meeting à La Villette
Il a par ailleurs exhorté M. Macron à faire un geste envers les "insoumis" en retirant son projet de réforme du code du travail qu'il envisage de faire par ordonnances.
"Le 1er mai, c'est un visage de la mondialisation qui protège les travailleurs. C'est une construction, un acquis des grandes luttes sociales pour défendre les droits des travailleurs. La mondialisation, ça n'est pas que le visage de ceux qui oppriment, c'est aussi le visage des droits créés pour tous à certains moments", avait déclaré dimanche M. Macron.
Pour sa part, comme chaque année, Jean-Marie Le Pen, co-fondateur du FN, dont il est aujourd'hui exclu, s'est rendu près de la statue de Jeanne d'Arc, place des Pyramides. Interrogé sur l'adversaire de sa fille, il a lâché: "M. Macron fait la tournée des cimetières, c'est un mauvais présage pour lui".
Interrogé sur le fait de savoir s'il avait été bluffé par sa fille, il a rétorqué: "bluffé, non! Je l'avais fait moi-même, c'est vous dire que c'est possible. La situation étant bien meilleure sur le plan politique qu'elle ne l'était en 2002. Les petits ruisseaux font les grandes rivières", a-t-il confié. Avant de dire à la tribune qu'il voulait lui "offrir le muguet de la victoire" face à "un énarque pantouflard fabriqué" et "ancien banquier".
Dans l'après-midi, Emmanuel Macron devait répondre à Marine Le Pen depuis un grand meeting parisien de ses soutiens, réunis à La Villette (XIXe).
Les deux candidats s'affronteront ensuite dans la soirée par journaux télévisés, Marine Le Pen étant l'invitée du 20H00 de France 2 et Emmanuel Macron de celui de TF1.
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