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Le traumatisme des Syriens évacués d'Alep

"C'est un baril explosif de Bachar (al-Assad) qui nous a fait ça", raconte un vieil homme, cachant sa jambe gravement blessée sous les draps de son lit d'hôpital, en suppliant pour être soigné en Turquie après avoir été évacué avec ses deux fils, blessés eux aussi, de la ville syrienne d'Alep.

Le traumatisme des Syriens évacués d'Alep
Un Syrien qui a perdu sa jambe est allongé à l'hôpital au poste frontière de Bab al-Hawa avec la Turquie du côté syrien, le 16 décembre 2016 - BULENT KILIC [AFP]

Les trois hommes font partie des milliers de personnes qui ont quitté Alep dans le cadre d'un accord de cessez-le-feu parrainé par la Turquie et la Russie pour mettre fin à des années de combat dans la deuxième ville de Syrie.

L'évacuation, débutée jeudi, devrait permettre à des milliers de civils et de rebelles de quitter Alep-Est, un mois après le début d'une offensive menée par les forces du régime syrien pour reprendre le contrôle d'Alep.

Ils ont été pris en charge à l'hôpital de Bab al-Hawa, haut de trois étages, à quatre kilomètres de la frontière turque en Syrie.

Après un récit poignant des épreuves subies à Alep, Ali Tarab raconte en désignant ses fils: "Il a eu sa jambe arrachée et l'autre a perdu son oeil, et regardez ce qu'il m'est arrivé."

Il ajoute, avec un air de défi: "Dieu est grand. Il nous vengera (d'al-Assad)".

"Nous étions à Kallaseh (à Alep-Est) en train de réparer ma chaussure", raconte à l'AFP l'un de ses fils, Bilal. "Je me tenais près de mon père quand une roquette est tombée. Ca m'a projeté à terre, j'ai perdu ma jambe et mon bras".

Son autre enfant explique qu'ils n'ont pas été seuls à être touchés par les bombardements. "Il y avait de nombreux corps dans la rue, nous n'étions pas les seuls à être blessés."

'Nous avons besoin d'instruments'

Un médecin syrien, qui travaille dans cet hôpital protégé par des hommes armés, déplore un manque de matériel médical pour soigner les blessés.

Il conduit l'équipe de l'AFP dans une chambre d'hôpital occupée par une enfant de deux ans et son frère: "Ils sont arrivés hier (jeudi)".

La petite fille est blessée à la main, son frère à la jambe.

"Nous avons besoin d'instruments pour opérer ces patients", explique-t-il en anglais, refusant de dévoiler son nom. "Mon hôpital n'a pas assez d'argent pour les soigner".

L'hôpital a accueilli 100 patients, dont 30 enfants, depuis jeudi, précise le médecin.

"Maintenant ils n'arrivent plus, à cause des problèmes à Alep", ajoute-t-il. "Ils ont tous été blessés par des tirs aériens."

Cris d'agonie

Le régime syrien a suspendu l'évacuation d'Alep-Est vendredi, laissant des milliers de personnes prises au piège.

La Russie, alliée du régime, a pour sa part annoncé que l'évacuation des rebelles et de leurs familles était terminée, et que les troupes syriennes étaient en passe de liquider les "dernières poches de résistance" à Alep.

Mais une source militaire syrienne a maintenu que l'opération était "suspendue et non terminée", sans dire quand elle reprendrait.

Plus de cinquante blessés d'Alep, beaucoup dans un état grave, ont déjà été transférés en Turquie pour y être soignés depuis le début de l'opération jeudi, selon Kerem Kinik, président du Croissant rouge turc.

"Les blessés sont tous des civils (...) qui viennent d'Alep-Est", a-t-il précisé.

Selon l'émissaire de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, il reste environ 40.000 civils dans le réduit rebelle et entre 1.500 et 5.000 combattants et leurs familles.

Depuis jeudi, environ 8.500 personnes, dont 3.000 combattants, ont été évacuées vers des territoires sous contrôle rebelle, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Quelque 8.000 selon les médias officiels syriens.

Le président de l'ONG islamique turque IHH, Bülent Yildirim, déplorait vendredi matin un nombre minuscule de personnes évacuées.

"Je pense que ça va prendre 20 à 25 jours" pour évacuer l'ensemble de la population restante à Alep-Est, avait-il estimé, s'adressant à des journalistes au poste-frontière de Cilvegözü, pendant turc du passage syrien de Bab al-Hawa.

L'équipe de l'AFP s'est rendue à hôpital de Bab al-Hawa depuis Cilvegözü dans le cadre d'une visite organisée par IHH.

Le long du court chemin du retour, des blessés graves étaient sortis d'ambulances syriennes au milieu de cris d'agonie pour être transférés en Turquie afin d'y être soignés.

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