Depuis ses débuts, ce "laboratoire musical" dont la vocation est de diffuser le jazz contemporain en grande formation en jouant des créations, a vu défiler quelque 150 solistes et dix chefs.
"La création de l'Orchestre National de Jazz s'est décidée dans un contexte où notre politique musicale s'appuyait sur une volonté d'ouvrir l'action publique, de l'Etat, à des musiques qui longtemps avaient plutôt été ignorées", se souvient Jack Lang, ministre de la Culture à l'époque, aujourd'hui président de l'Institut du Monde Arabe.
"Donc nous avons mis au point un plan pour redonner au jazz toute sa place dans la vie musicale française", ajoute l'ancien ministre, joint par l'AFP. C'est dans le cadre de ce "plan" qu'est né l'orchestre subventionné pour faire rayonner la "French touch" du jazz en grande formation, en France comme à l'étranger.
"Le ministère (de la Culture) m'a appelé en août 1985 pour me demander: 'est-ce que ça t'intéresse ?' Mais il faut démarrer dans quatre mois !", raconte François Jeanneau, ex-leader du big band Pandemonium devenu le premier chef de l'ONJ.
Cet orchestre au format variable - 10 à 26 membres - s'est inscrit solidement au fil du temps dans le paysage. Nombre de solistes l'ayant fréquenté ont acquis une place importante sur l'échiquier du jazz hexagonal: Andy Emler, Nguyen Lê, Marc Ducret, François Moutin, Médéric Colignon, Antonin Tri Hoang...
A 83 ans, François Jeanneau participera vendredi à la Cité de la Musique à la grande fête de l'ONJ en compagnie de ses successeurs, jusqu'au petit dernier, Olivier Benoît (42 ans).
- L'ONJ, "une nécessité" -
La fête se déroulera en deux actes. Au premier, l'ONJ actuel, dirigé depuis deux ans par le guitariste Olivier Benoît, jouera ses compositions. Dans le second, chaque chef fera jouer une composition datant de l'époque à laquelle il dirigeait l'ensemble.
L'ONJ et ses statuts ont évolué. La durée du mandat du chef d'orchestre, d'un an au début, a été allongée et il est devenu "directeur artistique". Un label - ONJ Records - existe depuis deux ans. La rémunération de ses membres a changé: seul le patron est aujourd'hui salarié alors que tous l'étaient à l'origine.
Mais la philosophie de l'orchestre, au budget inchangé depuis le début (800.000 euros annuels), est toujours la même: un chef qui change régulièrement, afin d'éviter la sclérose, et décide en toute indépendance de l'instrumentation, du casting et des orientations artistiques.
"L'ONJ est plus que jamais une nécessité. Dans un monde comme celui là, il faut montrer que la culture est toujours soutenue, existe et plus que jamais vivante", estime Olivier Benoît, pour qui diriger une "institution aussi prestigieuse est une consécration".
Une institution prisée, puisqu'Olivier Benoît était en compétition au moment de sa nomination avec Airelle Besson, Régis Huby, Sébastien Boisseau et Magic Malik.
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