Le 11 décembre 2015, à la maison d’arrêt de Caen, un détenu est soumis à une fouille. Il détient 0,7g d'herbe et 0,30g de résine de cannabis ainsi qu'un téléphone portable. Il dit s’être procuré l'appareil et les stupéfiants contre cinq paquets de cigarette. Pour ces faits, il passe devant la commission disciplinaire de l'établissement et prend huit jours de mitard et vingt-cinq jours lui sont retirés de sa réduction de peine. Karim Briki, âgé de 28 ans, a comparu devant le tribunal de grande instance de Caen, le mardi 5 juillet, pour acquisition et détention de stupéfiants ainsi que pour recel d'un bien provenant d'un délit. Le prévenu, extradé de prison à l'occasion de cette audience, s'explique : « Pour le cannabis, c'est pour me détendre, et croyez-moi, là où je vis, il en circule... »
« Ma femme et mon enfant son menacés »
« Pour le téléphone, mon codétenu a « pété un câble » et son frère considère que j'en suis responsable, alors il menace ma femme et mon enfant. Elle a peur. Elle a déjà porté deux plaintes. Comme la police ne fait rien, moi, j'agis, et pour cela j'ai besoin d'un téléphone.
Un mois d'attente pour disposer du téléphone de la prison
« En ce qui concerne la ligne officielle de la prison, il faut un mois d'attente pour pouvoir s'en servir. Savez-vous, Monsieur le président, ce qui se passe en détention ? »
Passé tumultueux
Le président lui rappelle son passé tumultueux : treize mentions figurent sur son casier judiciaire : Vos en réunion, vols aggravés, recels, trafics de stupéfiants, conduite alcoolisée... Il pointe aussi du doigt les deux sursis révoqués. « Mon passé tumultueux, comme vous dites, oui, mais personne ne m'a tendu la main et j'ai toujours assumé ce que j'ai fait. Aujourd'hui, j'ai une famille et je veux m'en occuper. Ma sortie est prévue pour septembre 2017, je ne veux pas de soucis. »
« Tout le monde a un portable et tout le monde le sait ! »
L'avocat de la défense, Maitre Guillemont, ne mâche pas ses mots : « Je suis en colère car il y a deux justices. Certains détenus bénéficient d'avantage de clémence ! Et quelle hypocrisie en ce qui concerne le portable ! Tout le monde en a et tout le monde le sait ! C'est l'instrument du lien affectif et social. Il faudrait le légaliser, la France est en retard à ce sujet ! » Elle ajoute que son client a déjà été puni : huit jours de mitard et vingt-cinq jours de retrait de réduction de peine, c'est déjà une sanction. L'homme écope tout de même d'un mois de prison ferme et de la confiscation des scellés.
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