A Genève, Le groupe de travail chargé de surveiller la mise en oeuvre de la cessation des hostilités devait se réunir pour s'assurer, selon le patron de l'ONU Ban Ki-moon, que ces accrocs "ne se poursuivent plus" et que la trêve, entrée en vigueur samedi, "continue".
Mettant à profit cette trêve sans précédent en près de cinq and de guerre, qui exclut les groupes jihadistes, l'ONU a annoncé qu'elle porterait assistance dans les cinq prochains jours à 154.000 personnes dans des localités syriennes assiégées par des belligérants.
D'après le Croissant-Rouge syrien, une vingtaine de camions chargés de produits de nettoyage, savons et couvertures fournis par l'ONU sont entrés à Mouadamiyat al-Cham, localité rebelle située au sud-ouest de Damas et encerclée par les forces du régime.
C'est la première fois qu'une aide humanitaire est livrée en Syrie depuis le début de la trêve mais l'ONU avait déjà envoyé des aides à deux reprises vers cette ville en février, ainsi qu'à d'autres localités assiégées.
- Mourir de faim? -
"Plus de 450.000 personnes sont prises au piège dans des villes et villages de Syrie, et parfois depuis des années", a dit le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Zeid Ra'ad Al Hussein. "La nourriture, les médicaments et d'autres produits d'aide d'urgence sont bloqués de façon répétée. Des milliers de personnes risquent de mourir de faim".
Lundi, des bombardements et des tirs limités ont entaché la cessation des hostilités qui s'applique dans les zones de combats entre régime et rebelles marginalisés par la montée en puissance des groupes jihadistes du groupe Etat islamique (EI) et du Front Al-Nosra.
Ces groupes jihadistes qui contrôlent plus de la moitié du territoire syrien ne sont pas inclus dans l'accord de trêve initié par Russes, qui appuient le régime, et Américains qui soutiennent les l'aviation du régime, de celle de la Russie ou celle de la coalition internationale dirigée par Washington.
Mais l'application de la trêve est compliquée par le fait qu'Al-Nosra est allié avec des groupes rebelles dans plusieurs régions.
A l'aube, des rebelles ont tiré des roquettes sur la partie prorégime de la ville d'Alep (nord) et des avions russes ont bombardé une localité du sud de Hama (centre) où les rebelles sont pourtant majoritaires, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Dix frappes ont par ailleurs touché la partie de la ville de Deir Ezzor (est) contrôlée par l'EI, d'après l'OSDH, qui a souligné que le nombre de morts dans les zones hors contrôle de l'EI a baissé drastiquement depuis samedi.
En outre, l'artillerie turque a tiré sur des positions de l'EI dans le nord d'Alep, en coordination avec la coalition internationale.
- "Malades normaux" -
La Russie et les Etats-Unis se sont montrés prudemment optimistes sur l'avenir de la cessation des hostilités.
"Les mesures principales ont été prises. Nous savions à l'avance que cela ne serait pas facile", a déclaré le Kremlin.
"Les obstacles sont nombreux mais c'est vraiment dans notre intérêt, et surtout dans celui du peuple syrien, de donner une chance au processus", a dit un haut responsable américain.
Cette trêve devrait ouvrir la voie à une relance des discussions intersyriennes annoncée par l'émissaire de l'ONU Staffan de Mistura pour le 7 mars à Genève. Mais cela dépendra "de la façon dont la cessation des hostilités va tenir et aussi de l'aide humanitaire", a-t-il dit.
Dans les grandes villes de Syrie, les habitants sont sortis dans les rues pour faire leurs emplettes, goûtant à un calme inhabituel.
"Nos professeurs nous interdisaient avant d'aller dans la cour en raison des bombardements aériens mais aujourd'hui on est sorti jouer", a raconté Ranim, une écolière de 10 ans dans un quartier rebelle à Alep.
Comme pour la première fois depuis longtemps, ils n'ont personne à secourir, les "casques blancs", la défense civile des régions rebelles, profitent eux de ce moment de répit.
"Depuis deux jours, nous n'avons vu arriver aucun blessé par balle, aucune victime d'un bombardement, nous n'avons reçu que des malades +normaux+", assure Hamza al-Khatib, le directeur de l'hôpital à Soukkari, quartier rebelle du sud d'Alep.
Déclenché en mars 2011 par la répression de manifestations pacifiques proréformes, le conflit a dégénéré en guerre civile qui a fait plus de 270.000 morts et provoqué une crise humanitaire majeure avec 13,5 millions de personnes en situation de vulnérabilité ou déplacées en Syrie et 4,6 millions de réfugiés, dans les pays limitrophes et au-delà.
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