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Paris (AFP). Attentats du 13 novembre: des victimes très critiques devant la commission parlementaire

"Nous avons mille questions et nous attendons des réponses." Des victimes des attentats de novembre, entendues lundi par une commission d'enquête parlementaire, ont raconté les ratés des dispositifs d'aide et d'information et questionné la responsabilité de l'Etat.

Paris (AFP). Attentats du 13 novembre: des victimes très critiques devant la commission parlementaire
Une personne blessée dans l'attaque du Bataclan évacuée par les pompiers le 14 novembre 2015 à Paris - AFP/Archives
Après un jour d'attente, des proches de Georges Salines, président de l'association "13 novembre, fraternité et vérité", ont appris la mort de sa fille, présente au Bataclan, par des tweets d'inconnus. Lui n'était pas encore au courant. Les annonces de décès sont allées "au-delà de tout ce qu'on peut imaginer comme ratage", a sobrement commenté ce médecin. Et de pointer "l'atroce impréparation" des dispositifs d'information le soir même et les jours suivants. Sophie Dias a elle perdu son père, de nationalité portugaise, devant le Stade de France. Si le consulat du Portugal lui a appris sa mort le 14 novembre, l'appel des autorités françaises n'est arrivé qu'un jour et demi plus tard. Un délai "inadmissible", selon cette communicante, qui a également regretté n'avoir toujours pas eu accès au rapport d'autopsie, "important pour faire le deuil". Numéros de téléphone saturés, identifications tardives, institut médico-légal (IML) dépassé... A l'IML, dont elle a dénoncé le comportement "honteux" de certains employés, Sophie Dias, venue reconnaître son père, a entendu: "ne vous inquiétez pas si on ne vous montre pas la tête, vous verrez un pied". Des failles dans la communication ont également été rapportées durant l'intervention policière au Bataclan, dont l'efficacité a par ailleurs été saluée. Caroline Langlade, vice-présidente de l'association "Life for Paris - 13 novembre 2015", a raconté les trois heures passées avec quarante personnes dans une loge, dont la porte était barricadée par un frigo et un canapé. Un jihadiste a tenté de se faire passer pour un gendarme pour qu'on lui ouvre. Demande rejetée par "vote à main levée". Durant ce temps, impossible de joindre police-secours. "Il a fallu que j'appelle ma maman à Nancy pour qu'elle appelle la police de Nancy et leur communique les informations", a expliqué Caroline Langlade. Une policière lui a ensuite raccroché au nez parce qu'elle "chuchotait". - Marathon administratif - "Ça a été constamment à nous de chercher l'information. C'est le cas depuis le début (...) On ne devrait plus se battre pour ça", a-t-elle observé, en référence au marathon administratif et judiciaire des victimes et leurs proches. Les carences des services de renseignement et les réponses politiques aux attentats ont également été épinglées. Le patron du bar La Belle Equipe, Grégoire Reibenberg, s'est vivement agacé que le débat se focalise autour de la déchéance de nationalité pour les personnes condamnées pour terrorisme: "On a un problème de moteur et on va changer la couleur de la banquette?". "Comment se fait-il qu'un terroriste interdit de territoire français et européen se retrouve à diriger une attaque de cette ampleur?", s'est pour sa part interrogé Mohamed Zenak, trésorier de l'association "13 novembre", au sujet d'Abdelhamid Abaaoud, un des organisateurs présumés des attentats. Et M. Zenak, dont la fille a été blessée lorsqu'un kamikaze s'est fait exploser au restaurant Comptoir Voltaire, de s'interroger sur "la question des responsabilités" de l'Etat. Il n'y avait "ni présence policière", ni "fouille" au Bataclan, alors que le risque d'attaque contre une salle de concert était connu des autorités, a aussi déploré Alexis Lebrun, membre de "Life for Paris". La commission d'enquête parlementaire sur les "moyens mis en oeuvre par l'Etat pour lutter contre le terrorisme" depuis les attentats de janvier 2015 menait lundi ses premières auditions. Elle rendra son rapport en juillet, selon son rapporteur, le socialiste Sébastien Pietrasanta. "Nous ne sommes ni des procureurs ni des juges mais des commissaires d'enquête" recherchant "la transparence", "la vérité" et "des solutions", a assuré son président Georges Fenech (Les Républicains). Les attentats du 13 novembre ont fait 130 morts et des centaines de blessés. Le nombre total de victimes, physiques ou psychologiques, est estimé à 4.000, a rappelé la commission.

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