Entamée en septembre dernier, cette résidence se prolonge jusqu’à la fin de l’année scolaire. Les deux artistes assurent une centaine d’heure de présence sur le lieu et mettent en place en collaboration avec les professeurs des ateliers photo, un projet d’écriture, un court métrage ainsi qu’un spectacle participatif.
Thomas, pourquoi vous êtes vous intéressé au harcèlement moral ?
« J’avais depuis longtemps un projet d’écriture sur le sujet. Je viens d’ailleurs de terminer l’écriture d’un spectacle baptisé Le monde se portera mieux sans toi. Avant d’entamer cette résidence, j’ai réuni une quarantaine de témoignages d’anciens harceleurs ou harcelés de 14 à 60 ans en postant des annonces dans les journaux : des personnes qui sont restées marquées à vie par ces harcèlements. Mais tout a commencé avec la lecture il y a deux ans et demi du livre de Jonathan Destin Condamné à me tuer, l’histoire vraie d’un jeune homme qui a tenté de s’immoler. L’élément déclencheur de mon projet fut ma rencontre avec ce jeune homme. »
Pourquoi faut-il sensibiliser les plus jeunes à ce problème ?
« La violence est partout dans le monde des adultes. Je suis persuadé que plus jeune on prend conscience de ces mécanismes et plus facilement on pourra contrer ces actes de violence morale ou physique. »
Comment cette résidence est-elle née ?
« C’est un dispositif qui concerne chaque année une quinzaine d’artistes sur le département, toutes formes artistiques confondues. L’année passée, je travaillais déjà sur le harcèlement, j’ai proposé mon projet au département qui m’a permis de participer à un CRED (Contrat de Réussite Educative Départemental) au collège Camille Claudel rive gauche à Rouen. Avec la complicité des élèves on a pu mettre en place un spectacle en fin d’année. Pour commencer la résidence, les élèves de Camille Claudel ont joué cette pièce devant les élèves du collège Edouard Branly. »
Comment s’organise cette résidence ?
« Karine et moi nous sommes présentés comme des pseudo-scientifiques au début de la résidence. Les élèves ne nous connaissaient pas encore et avec la complicité des professeurs nous avons mis en place un jeu de rôle dans lequel, en fonction de critères arbitraires, nous établissions une hiérarchie entre les élèves d’une même classe pour dénoncer les discriminations et faire les réfléchir. Nos interventions sont parfois informelles : des improvisations théâtrales sur le temps de la récréation, des échanges avec les enfants qui nous confient témoignages ou dessins sur le thème, mais nous intervenons aussi de manière plus officielle en classe en proposant débats et lectures, ateliers d’écriture. En fin d’année, la résidence donnera lieu à une forme théâtrale de 40 minutes, un spectacle participatif qui sera joué dans plusieurs classes avec la complicité des enfants. »
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