Le jeune homme comparaissait en détention provisoire. Il est resté silencieux, exprimant à la fin de l'audience ses regrets, et assuré vouloir suivre des soins. "Pourquoi vous croirait-on plus maintenant que lors des précédentes audiences ?", l'interroge alors le président, Christophe Subts. Pas de réponse du prévenu, condamné à sept reprises en 11 ans pour des faits de conduite sous l'emprise d'alcool, violences ou dégradations...
Il s'était rendu en discothèque à Crouay dans le Bessin, parce qu'il n'avait plus de permis, annulé récemment par la justice. Quand son ami est expulsé de la boîte de nuit, il avait rejoint son tracteur "dans l'intention d'impressionner les videurs", a-t-il par la suite déclaré. "On s'attend alors au pire", explique le président Christophe Subts : "veut-il massacrer tout le monde dans la discothèque ?". Il manque d'écraser une jeune fille sur son passage, crée la panique devant la boîte de nuit. S'ensuivent quatre heures de course-poursuite avec les forces de l'ordre, qui tentent tout pour l'arrêter. Gaz lacrymogène, taser, bâton à impulsions électro-magnétiques, herses pour stopper le véhicule "comme dans les films", assène le président. Au Molay-Littry, il écrase l'avant une partie de la voiture des gendarmes, blessant l'un d'entre eux. "À peu de choses près, on aurait pu se retrouver devant la Cour d'Assises pour avoir donner la mort à l'un d'entre eux", poursuit le président.
"A chaque fois que le prévenu avait à prendre une décision, il a fait le mauvais choix. Ce type de comportement, l'alcool ne peut pas l'expliquer", conclut le président. Le procureur requiert quinze mois de prison ferme, pour "de véritables violences volontaires qui ne sont pas le fait d'impulsions, et des faits d'une grande gravité."
"C'est un jeune homme qui n'a pas sa place en détention", tente son avocate : "Ses faits le justifient, pas sa personnalité. Il a besoin de soins, et il n'en aura pas suffisamment en prison..."
Il écope finalement de 24 mois de prison dont 12 avec sursis et mise à l'épreuve, a l'obligation de travailler, de se soigner et de fixer sa résidence. Il est interdit de débits de boissons.
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