Q: La sécheresse actuelle, qui touche toute l'Europe du Nord, est-elle exceptionnelle ?
R: "En France, on a un état de sécheresse des sols superficiels qui correspond à ce qu'on a normalement courant juillet, avec des records jamais atteints depuis 1959 à cette période de l'année sur une partie du pays", explique Michel Schneider, de Météo France.
Ceci s'explique par la combinaison du déficit pluviométrique et "des températures extrêmement élevées qui favorisent une forte évaporation". Le mois d'avril se situe "au second rang des mois d'avril les plus chauds depuis le début du XXe siècle".
En revanche, la situation est moins critique pour les nappes phréatiques, car le déficit de précipitations entre septembre et mars, "la période de recharge", n'a pas été "extrêmement marqué", de l'ordre de 10% par rapport à la moyenne.
Vingt-six départements étaient touchés vendredi par des mesures de restrictions d'eau.
Q: La situation est-elle comparable à 1976, qui a marqué les esprits ?
R: Selon Michel Schneider, la situation était alors différente : "En 1976, les sols se sont asséchés plus tardivement qu'actuellement car même si durant la période de recharge des nappes phréatiques, les précipitations avait été plus déficitaires, les températures de printemps avaient été plus fraîches".
Au terme de plusieurs mois de sécheresse, le gouvernement avait annoncé fin août 1976 une aide aux agriculteurs de 1,3 milliard d'euros. La ministre de l'Ecologie, Nathalie Kosciuko-Morizet, a assuré vendredi qu'il était "trop tôt" pour imaginer une telle mesure.
Q: Quels impacts sur l'agriculture ?
R: Les plus touchés sont, à ce stade, les éleveurs, victimes, selon Bruno Le Maire, d'une "double peine" avec l'augmentation du prix de l'alimentation animale, à la suite de l'envolée des cours mondiaux des céréales, et la sécheresse qui a impact sur le fourrage.
Le ministre de l'Agriculture les a autorisés à disposer de toutes les jachère pour nourrir le bétail et va demander à Bruxelles le versement anticipé d'une aide financière.
La situation est également difficile pour les céréaliers.
Q: Quel impact sur la production d'électricité ?
R: EDF a besoin d'eau pour produire de l'électricité avec ses barrages et refroidir ses centrales nucléaires. Au premier trimestre 2011, EDF a déjà réduit sa production hydraulique de l'ordre de 20%.
En revanche, la sécheresse n'a pour le moment par d'impact sur la production nucléaire, selon le groupe. L'association anti-nucléaire L'Observatoire du nucléaire a pointé pour sa part un "risque grave" de pénurie d'électricité si EDF devait arrêter de nombreux réacteurs.
Q: Quelle évolution attendre ?
R: Des précipitations sont attendues sur la France en fin de semaine, mais "il faudrait une persistance d'un temps bien perturbé pendant plusieurs jours pour pouvoir réellement améliorer la situation", indique Michel Schneider.
Selon Météo France, "les températures moyennes devraient être plus chaudes que la normale" en mai, juin et juillet.
D'après l'Organisation météorologique mondiale (OMM), la situation anticyclonique risque de durer encore "quelques semaines, ou même quelques mois".
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