Une source proche des recherches s'est montrée très prudente quant aux résultats de cette opération, qui sera menée par les gendarmes, soulignant en particulier la durée d'immersion des corps des victimes de cette catastrophe survenue au large du Brésil le 1er juin 2009.
Le président de l'association Entraide et Solidarité AF447, Jean-Baptiste Audousset, a indiqué que les familles avaient été prévenues de l'incertitude du succès d'une telle entreprise.
Malgré les moyens colossaux mis en oeuvre, on peut craindre des difficultés techniques tout autres que pour le repêchage des boîtes noires, "qui ont une résistance mécanique", les rendant manipulables par des robots, explique à l'AFP le légiste Michel Sapanet (CHU de Poitiers), expert judiciaire.
"Tout est imaginable, mais il est vraisemblable que les corps soient dans un fragment de fuselage", estime-t-il. "L'idéal serait de les remonter dans leur environnement, si tant est que ce soit possible. J'imagine mal aller chercher le corps lui-même", poursuit-il.
Le Pr Sapanet souligne en outre le caractère tout à fait inhabituel d'une remontée d'une telle profondeur, rappelant qu'il faut s'attendre à "des transformations liées à la physique".
Le froid et l'absence d'oxygène des grandes profondeurs ont pu favoriser une bonne conservation des corps, du point de vue d'un médecin légiste, mais le spécialiste s'attend à une dégradation très rapide dès qu'ils vont être sortis de l'eau.
"L'espoir, c'est de pouvoir identifier les victimes", avec l'ADN ou des éléments médicaux, souligne-t-il.
"Les gens n'imaginent pas ce qu'est un accident d'avion, encore moins des lésions de décélération", ajoute-t-il.
"C'est très encourageant pour nous qui étions sans nouvelles et avions encore l'espoir de retrouver des corps; nous allons enfin pouvoir les enterrer", avait déclaré le mois dernier Nelson Marinho, président de l'Association brésilienne des victimes de l'Airbus A330 d'Air France, à l'annonce de la localisation des débris de l'appareil, et de corps.
"Le problème est un peu épineux. Il y a un aspect traumatisant", "on ne sait pas dans quel état ils sont", avait alors tempéré Robert Soulas, vice-président d'Entraide et Solidarité AF447.
Thierry Baubet, responsable de la cellule d'urgence médico-psychologique mise en place à Roissy en 2009 après le crash, estime que la remontée des corps "est plutôt de nature, collectivement, à aider les gens à avancer sur leur chemin de deuil, malgré les souffrances que ça va réactiver pendant un certain temps".
"Dans la majorité des cas, c'est important d'avoir une tombe, de pouvoir faire une cérémonie individuelle", ajoute le psychiatre. Mais il y a aussi des proches de victimes "qui s'étaient fait à l'idée que leur tombeau c'était la mer, et là évidemment ça va sembler plus difficile".
"C'est forcément douloureux pour tout le monde. En même temps ce n'est pas un retour en arrière. C'est-à-dire que le travail psychologique que les gens ont fait n'est pas annulé", souligne-t-il.
Si la remontée des corps s'avère effectivement réalisable, le Pr Baubet préconise la mise en place d'une ligne téléphonique permettant à des spécialistes, psys mais aussi légistes, de répondre aux questions concrètes que les familles peuvent se poser. Par exemple sur l'identification ou les modalités de restitution des corps.
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