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Paris (AFP). Vendredi 13 novembre, 21H20, la France bascule dans la terreur

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Paris (AFP). Vendredi 13 novembre, 21H20, la France bascule dans la terreur
Un blessé est évacué du Bataclan par les pompiers dans la nuit du 13 au 14 novembre 2015 à Paris - AFP/Archives
Ce n'est qu'un match amical, ce soir-là. Mais un classique du genre, France-Allemagne. Le Stade de France est plein. 21H20, une détonation retentit. Un gros pétard, semblent penser les 80.000 supporteurs. Ils ignorent que la France vient de basculer dans la terreur. Dehors, dans une rue de Saint-Denis, tout près de Paris, un kamikaze s'est fait exploser près de la porte D du stade. C'est une première en France, mais il y en aura d'autres dans cette nuit d'effroi. Dans son souffle, aggravé par les boulons placés dans sa ceinture piégée pour renforcer son effet létal, l'explosion tue un chauffeur de car, un Portugais de 63 ans, dont 45 passés en France. Manuel Colaco Dias est le premier des 130 morts des attentats du vendredi 13 novembre 2015, les plus sanglants jamais commis en France. Dix minutes plus tard, un autre homme, arrivé comme le premier en Europe en se dissimulant parmi les réfugiés qui fuient la guerre en Syrie, se fait exploser près de la porte H. Et à 21H53, un troisième, un gamin de 20 ans au visage d'adolescent, Bilal Hadfi. Sans faire de victime. Voulaient-ils faire un carnage dans le stade? Ou au milieu de la foule pendant la sortie? Quelque chose ne s'est pas passé comme prévu. Sur la pelouse, le match continue. Seul François Hollande est discrètement évacué du stade. - "Commando des terrasses" - Mais au coeur de Paris se joue un scénario autrement plus meurtrier. Deux commandos jihadistes passent à l'action. 21H25. Une Seat noire déboule devant le restaurant Le Petit Cambodge et le bar Le Carillon. En cet automne particulièrement doux, il y a du monde aux terrasses de ce quartier bobo de la capitale. A la kalachnikov, des hommes tirent, et tuent. "Sur le moment on ne voit que les flammes qui sortent de l'arme", dit un témoin. Florence décrit une scène "surréaliste", tout le monde "à terre" et un jeune homme qui porte dans ses bras une fille qui a "l'air morte". Le "commando des terrasses" continue son macabre parcours. Et frappe encore, mitraillant devant le bar La Bonne Bière et la pizzeria Casa nostra, à 21H32, puis le bistrot La Belle Equipe, de l'autre côté de la place de la République. Tout près d'un jihadiste, Damien remarque sa kalachnikov, "disproportionnellement grande". Et son air "paisible, presque un léger sourire aux lèvres". Puis ce sont "des salves à n'en plus finir". Des centaines de douilles par terre, du sang et des morts. Parmi eux, Mohamed Amine Ibnolmobarak, 28 ans, venait de se marier. Djamila Houd, 41 ans, s'éteint dans les bras de son mari, le patron de La Belle Equipe, où elle fêtait un anniversaire. Le pire est encore à venir. - Une éternité en enfer - A 21H40, au moment précis où un membre de l'équipée des terrasses, Brahim Abdeslam, un Français de Belgique, se fait sauter dans un restaurant boulevard Voltaire, le dernier commando arrive à deux kilomètres de là, sur ce même axe, devant la façade colorée du Bataclan. Dans la salle de spectacle, devant des centaines de fans, les Eagles of Death Metal, groupe de rock californien, jouent "Kiss the devil", "Embrasse le diable". Trois hommes surgissent d'une Polo noire, visages découverts. Ils portent des ceintures piégées au TATP, un explosif artisanal très instable. L'un d'eux envoie un SMS, "On est parti, on commence", et jette son portable dans une poubelle. Les premières victimes tombent sur le trottoir, puis les tueurs font feu dans la salle. Commencent alors, pour les spectateurs pris au piège, trois heures de poudre et de sang. Une éternité en enfer. Charles et Nicolas, 34 ans, pensent à des "effets pyrotechniques". Mais des corps s'effondrent, la musique s'arrête. Hurlements dans la foule. Des spectateurs arrivent à fuir, d'autres se cachent dans des placards, des faux plafonds. Certains font le mort sous les cadavres. Loïc Wiels, 33 ans, sent "le sang qui coule par terre". En jean baskets, les trois jihadistes, dont au moins deux Français probablement partis ensemble en Syrie, Samy Amimour et Omar Ismaïl Mostefaï, la trentaine, c'est "M. Tout-le-monde avec une kalachnikov", selon Benoît Werner. "On venge nos frères de Syrie", entend Philippe.

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