Le groupe jihadiste Etat islamique (EI) a annoncé mercredi l'exécution de deux otages chinois et norvégien, au moment où son fief en Syrie, Raqa, était la cible de raids russes et français qui ont tué 33 de ses combattants en 72 heures.
Intensifiant la pression sur l'EI, l'aviation russe a reçu l'ordre de tirer à vue sur les camions-citernes transportant des produits pétroliers dans les zones contrôlées par le groupe jihadiste qui tire de précieux bénéfices du commerce de l'or noir.
La France, pour sa part, a annoncé que le porte-avions français Charles-de-Gaulle sera "sur zone" en Méditerranée orientale, prêt à engager ses avions en Syrie, "à la fin de la semaine".
La coopération inédite contre l'EI entre Moscou et Paris, qui divergent sur les moyens de régler le conflit en Syrie, est la conséquence des attentats sanglants à Paris et contre l'avion russe dans le Sinaï égyptien, revendiqués par le groupe jihadiste.
Dans une nouvelle annonce macabre, l'EI a affirmé, selon la dernière édition de son magazine Dabiq, avoir exécuté deux otages chinois et norvégien dont elle avait annoncé le rapt le 10 septembre en réclamant une rançon pour leur libération. Elle n'avait pas précisé quand et où ils avaient été enlevés.
Dabiq publie les photos de deux hommes les yeux bandés et la tête ensanglantée, visiblement tués par balles, avec l'inscription: "Exécutés après avoir été abandonnés par les nations et les organisations infidèles".
Dans une première réaction, les services du Premier ministre norvégien ont affirmé que les photos "laisse penser que l?otage Ole Johan Grimsgaard-Ofstad a été exécuté. Le travail de vérification est en cours".
Oslo avait confirmé qu'Ole-Johan Grimsgaard-Ofstad avait été enlevé peu après son arrivée en Syrie fin janvier 2015. Âgé de 48 ans, le Norvégien avait annoncé le 24 janvier sur Facebook être arrivé à Idleb en Syrie.
La Chine avait elle aussi admis qu'un de ses ressortissants était probablement aux mains de l'EI qui l'avait présenté comme étant Fan Jinghui, un consultant de 50 ans.
- Fuite de Raqa -
Le groupe ultraradical contrôle de larges pans de territoires en Syrie et en Irak voisin où il multiplie les atrocités: enlèvement, viols, meurtres, décapitations Il avait par le passé diffusé des vidéos montrant la décapitation de plusieurs otages notamment occidentaux, soigneusement mise en scène par les bourreaux.
Intervenu dans la guerre en Syrie en 2013, l'EI a décrété l'année suivante Raqa (nord) comme sa "capitale", et celle-ci est depuis trois jours la cible de raids intensifs des aviations russe et française qui ont décidé de frapper le groupe jihadiste à la tête.
Raqa, une ville de quelque 300.000 habitants, est située sur l'Euphrate à un carrefour d'axes routiers du nord de la Syrie. "C'est là qu'il faut toucher Daech (un acronyme en arabe de l'EI) dans ses forces vives", a dit le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian.
Selon lui, les chasseurs français ont largué "une soixantaine de bombes sur le centre névralgique (de l'EI) à Raqa".
Les raids français et russes contre des dépôts d'armes, des casernes et des points de contrôle à Raqa et ses environs "ont fait 33 morts et des dizaines de blessés parmi l'EI" en 72 heures, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
- Coordination avec les Russes -
Ce "nombre limité de morts s'explique par le fait que les jihadistes avaient pris leurs précautions", explique l'ONG. "Le plus grand nombre ont été tués sur les barrages de contrôle". De nombreuses familles de combattants étrangers ont fui la ville.
Certains ont trouvé refuge dans les environs de Raqa, a indiqué Aktham Alwany, un militant originaire de Raqa. Dans cette ville, "les civils vaquent uniquement à leurs occupations essentielles" car "personne ne sait quand aura lieu le prochain raid". "Les bases de l'EI sont au milieu des habitations civiles".
Après le choc provoqué par les attentats de Paris vendredi, les présidents français et russe François Hollande et Vladimir Poutine ont décidé d'une "coordination plus étroite" de leurs agences de renseignement.
M. Poutine a ordonné à ses navires de guerre en mer Méditerranée d'entrer en "contact direct" avec le porte-avions Charles-de-Gaulle et de "coopérer avec les alliés" français.
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