Mercredi 18 novembre, pas moins de 6 500 élèves des établissements scolaires du Calvados devaient se retrouver à l'hippodrome de Caen dans le cadre du 29e cross du Conseil départemental. Il n'en a rien été. De même pour la représentation du jeudi 19 novembre au théâtre d'Hérouville d'Andreas, mise en scène par Jonathan Châtel, et destinée à 200 enfants. Dans la foulée des attaques terroristes perpétrées en Ile-de-France, vendredi 13 novembre, et qui ont fait au moins 129 morts, l'Éducation nationale a demandé à tous les directeurs d'établissements d'annuler les sorties scolaires prévues jusqu'au 22 novembre. C'est l'une des conséquences directes de l'état d'urgence décrété par le président de la République, François Hollande. Cet état d'urgence autorise l’État à déroger à certaines lois et libertés fondamentales, selon les besoins immédiats.
Multiplication des contrôles
Aujourd'hui, l'état d'urgence se concrétise surtout par un plan Vigipirate renforcé. Les effectifs de police et de gendarmerie sont accentués dans les zones sensibles : les gares, la Zone accès restreint du port de Ouistreham ou encore aux aéroports de Deauville et Carpiquet. Ce dernier était "déjà sous haute surveillance, depuis les attentats de janvier, explique Maryline Haize-Agron, directrice de l'infrastructure. Les contrôles sur les vols hors de l'espace Schengen étaient aléatoires. Ils sont maintenant systématiques. Les liaisons à destination de Londres sont notamment concernées par cette mesure". Du côté des douanes, même vigilance. "Nous nous donnons les moyens de remplir notre mission", assure ainsi Serge Duyrat, directeur régional. Sans toutefois préciser de chiffres, il admet volontiers une "multiplication des contrôles" depuis l'instauration de l'état d'urgence.
Des mesures ont aussi été prises pour renforcer la sécurité de bâtiments publics dans la région. Illustration dans les Conseil régionaux de Normandie. "Compte tenu des circonstances, nous mettons en place des mesures supplémentaires de sécurité dans les bâtiments hébergeant les services régionaux et accueillant du public, en coordination avec les préfets de Basse et Haute‐Normandie", assure Laurent Beauvais, président bas-normand dans un communiqué. À l'entrée, les visiteurs sont priés d'ouvrir leur sac. Une précaution qui trouve un écho dans les grands magasins.
Reste l’assignation à résidence par le Préfet, qui est spécifique à l'état d'urgence. Le ministère de l'Intérieur a ordonné plusieurs assignations auprès du préfet du Calvados. Aucune n'a pu aboutir, les personnes ciblées ne se trouvant pas dans le département. Sous haute surveillance, la vie continue. "Pour les Calvadosiens et l'ensemble des Français, cette situation spéciale n'a pour l'instant pas d'impact direct sur leur vie du quotidien", assure Benoît Pichard, sous-préfet du Calvados. "Ils peuvent donc circuler ou se rassembler librement sur l'ensemble du territoire". Pas de quoi bouleverser le quotidien.
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