Déplacement de François Hollande aux Etats-Unis et en Russie, demande d'assistance militaire aux pays de l'Union européenne (UE): quatre jours après les attentats de vendredi, dont un suspect-clé est toujours recherché, la France mobilise ses alliés contre l'organisation jihadiste Etat islamique (EI) en Syrie.
Dans la nuit de lundi à mardi, 10 avions français ont de nouveau bombardé Raqa, dans le nord de la Syrie, le fief de l'EI, qui a revendiqué les attentats. Un centre de commandement et un centre d'entraînement ont été détruits, a annoncé le ministère de la Défense.
La France poursuivra "ces frappes au cours des semaines à venir", avait prévenu lundi François Hollande devant le Congrès réuni à Versailles, promettant de "détruire" l'EI.
Sur le plan diplomatique, le chef de l'Etat doit rencontrer la semaine prochaine Barack Obama à Washington et Vladimir Poutine à Moscou, avec l'intention de parvenir à une coalition unique contre l'EI en Syrie.
Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a pour sa part demandé mardi, lors d'une réunion avec ses homologues à Bruxelles, l'assistance militaire des Etats de l'Union européenne, notamment dans la lutte contre EI en Irak et en Syrie, invoquant une clause de solidarité prévue dans les traités européens en cas d'agression.
La Syrie devait constituer le c?ur de l'entretien mardi matin entre François Hollande et le secrétaire d'Etat américain John Kerry.
Ce dernier a affirmé que le maintien à Paris à la fin du mois de la conférence sur le climat COP21 montrera que "personne ne peut interrompre les affaires de la communauté internationale et certainement pas des actes de terreur méprisables et lâches".
- Suspect 'exfiltré' par des complices -
François Hollande avait qualifié lundi d'"actes de guerre" les tueries du 13 novembre, qui ont fait 129 morts et 352 blessés près du Stade de France, dans la salle de concert du Bataclan et dans plusieurs bars et restaurants de la capitale. Ces attentats, les pires de l'histoire en France, "ont été décidés et planifiés en Syrie, préparés et organisés en Belgique, perpétrés sur notre sol avec des complicités françaises", avait-il ajouté.
Mardi matin, une Clio noire immatriculée en Belgique, qui pourrait avoir servi à la préparation des attentats, a été retrouvée dans le 18e arrondissement de Paris. "Cette voiture a été aperçue sur l'autoroute A1, dans le cadre de ce qui pourrait être des liaisons préparatoires entre Paris et la Belgique", a précisé une source policière.
L'enquête a permis l'identification de cinq des sept kamikazes, dont quatre Français: Samy Amimour (28 ans), Omar Ismaïl Mostefaï (29 ans), Bilal Hadfi (20 ans) et Brahim Abdeslam (31 ans).
Le cinquième jihadiste était muni d'un passeport syrien dont l'authenticité "reste à vérifier", au nom d'Ahmad Al Mohammad, 25 ans, selon la justice française.
Outre Amimour, parti il y a deux ans en Syrie d'où son père avait vainement tenté de le ramener, Mostefaï, fiché pour radicalisation depuis 2010, y a très vraisemblablement séjourné entre 2013 et 2014. Hadfi y est aussi allé, selon une source proche de l'enquête.
Deux suspects ont été inculpés lundi à Bruxelles --où se concentre désormais l'enquête-- pour "attentat terroriste", mais une vaste opération policière dans le quartier populaire bruxellois de Molenbeek n'a pas permis d'appréhender un suspect-clé des attaques, Salah Abdeslam, toujours traqué.
Âgé de 26 ans, il a loué une Polo noire retrouvée devant le Bataclan, où 89 personnes ont péri. Les enquêteurs pensent qu'il a formé avec son frère Brahim, qui s'est fait sauter boulevard Voltaire, l'équipe qui a criblé de balles les terrasses de restaurants, avant d'être exfiltré par des complices en Belgique.
Samedi matin, un homme muni de ses papiers d'identité avait été contrôlé à bord d'une voiture par des gendarmes français près de la frontière belge. Également à bord, les deux hommes inculpés lundi en Belgique. N'étant pas encore recherchés, ils avaient pu poursuivre leur route.
Selon les enquêteurs, Salah Abdeslam aurait côtoyé un jihadiste belge qui vivrait en Syrie, Abdelhamid Abaaoud, possible "inspirateur" des attaques. Âgé de 28 ans, ce membre très actif de l'EI, déjà soupçonné d'être le commanditaire d'attentats projetés en Belgique par une cellule jihadiste, est recherché depuis janvier.
Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a pour sa part écarté toute défaillance des services de renseignements. Selon son entourage, 128 nouvelles perquisitions ont été réalisées dans la nuit de lundi à mardi en France, donnant lieu à 10 interpellations.
- Hommage à Wembley -
Face à la menace, l'état d'urgence décrété vendredi soir en France est jugé insuffisant par l'exécutif, qui va soumettre au Parlement une révision de la Constitution pour créer "un régime civil d'état de crise".
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