Le scandale de la pédophilie, qui a profondément discrédité l'Eglise, ne devait pas être abordé durant l'interview. Il y a un an, la semaine pascale avait été une semaine noire, marquée par des gaffes de prêtres et de cardinaux donnant l'impression que l'Eglise s'estimait l'objet d'une campagne malveillante, alors que le scandale avait lieu en son sein.
Joseph Ratzinger, évoquant la future béatification de son prédécesseur Karol Wojtyla, le 1er mai, a rappelé à nouveau jeudi que cohabitent dans l'Eglise "des erreurs honteuses et des exemples lumineux".
Dans ce qui constitue une première, Benoît XVI devait répondre sur la télévision publique RAI, durant un échange d'une heure et demie, sur un ton personnel, à des questions de personnes de milieux et pays divers.
Cette émission, enregistrée à l'avance et diffusée à partir de 12H00 gmt, devait être un des moments clé de la journée avec le traditionnel chemin de croix au Colisée.
Sur 2.000 questions parvenues à la RAI, une petite sélection a été retenue: une fillette japonaise, une femme musulmane de Côte d'Ivoire, des étudiants chrétiens de Bagdad ont été filmés dans leur cadre de vie. Les réponses du pape ont été enregistrées il y a une semaine dans la bibliothèque du Palais apostolique.
Elena, Japonaise de père italien, sept ans, qui a vu mourir d'autres enfants lors du tremblement de terre du 11 mars, devait poser la question du mal dans les catastrophes.
La cohabitation entre religions dans un pays sortant d'un conflit, la menace islamiste pesant sur les communautés chrétiennes du Moyen-Orient après une série d'attentats devraient être l'occasion pour le pape de lancer des appels pour le refus de la vengeance, la tolérance et la liberté religieuse.
Benoît XVI a enfin choisi de s'exprimer sur le sujet très délicat de l'euthanasie qui fait débat dans les pays occidentaux, notamment en Italie.
L'Eglise est hostile à toute forme d'euthanasie. Une "question non négociable", dit-on au Vatican, mais cette position passe très mal à un moment où sont discutées en Italie de nouvelles lois autorisant l'euthanasie dans certains cas strictement encadrés.
Une mère italienne, filmée à côté du lit de son fils dans un coma profond depuis deux ans, confie son "calvaire" au pape: "Votre Sainteté, l?âme de mon fils Francesco qui est dans un état végétatif depuis le jour de Pâques 2009, a-t-elle abandonné son corps, vu qu?il n?est plus conscient, ou est-elle encore en lui?"
L'âme de Francesco est "encore présente dans son corps", répond le pape.
Pour la première fois dans les six années de pontificat, une religieuse italienne a rédigé les méditations qui seront lues dans la soirée lors des quatorze stations du chemin de croix au Colisée.
Soeur Maria Rita Piccione, responsable de la Fédération des moniales augustines, évoquera notamment "la persécution contre l'Eglise d'hier et d'aujourd'hui" qui "tue les chrétiens au nom d'un dieu étranger à l'amour et qui en attaque la dignité avec des propos mensongers et des paroles arrogantes".
La croix sera portée par des hommes et femmes de différentes nationalités, notamment cette année éthiopienne et égyptienne. Benoît XVI devait la porter durant les deux dernières stations.
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