Le président syrien Bachar al-Assad a effectué une visite surprise à Moscou, sa première sortie officielle de son pays depuis le début de la guerre civile, pour remercier l'allié russe de son engagement militaire auprès de ses troupes face aux rebelles.
Quelques heures après cette visite, Moscou annonçait une rencontre quadripartite vendredi à Vienne axée sur ce conflit entre les chefs de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, américain John Kerry, saoudien Adel al-Jubeir et turc Feridun Sinirlioglu, ces trois derniers étant des farouches opposants à M. Assad.
Le séjour de M. Assad, rentré mardi soir à Damas, n'a été annoncé par le Kremlin que mercredi une fois qu'il avait quitté la Russie où il a rencontré le président Vladimir Poutine et d'autres responsables russes.
Il est intervenu alors que la campagne de l'aviation russe entrait dans sa quatrième semaine avec de nouveaux raids ces dernières 24 heures qui ont frappé 83 cibles de groupes "terroristes" dans les provinces d'Idleb (nord-ouest), d'Alep (nord), de Deir Ezzor (est), de Damas et de Hama (centre), selon Moscou.
La rencontre Poutine-Assad sonne comme un rappel: le Kremlin est plus déterminé que jamais à soutenir son allié alors que la question d'un éventuel départ du pouvoir de M. Assad n'a pas été évoquée.
Elle risque surtout de faire grincer des dents parmi les détracteurs de M. Assad, notamment en Occident et en Turquie où l'appui militaire russe et politique au régime syrien n'a cessé d'être dénoncé.
D'ailleurs le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a répété mercredi qu'une éventuelle transition politique devait nécessairement être une "formule qui garantisse le départ" de M. Assad.
Durant sa visite mardi à Moscou, M. Assad, souriant et visiblement détendu, a chaleureusement remercié M. Poutine pour son "aide".
- 'Aide précieuse' -
"Le terrorisme qui s'est répandu dans la région aurait gagné encore plus de terrain s'il n'y avait pas eu vos actions (militaires) et votre décision" d'intervenir le 30 septembre, a-t-il dit.
Outre leur rencontre, les deux hommes ont dîné, entourés des plus hauts responsables sécuritaires russes dont le ministre de la Défense Sergueï Choïgou et le chef du Conseil de Sécurité russe Nikolaï Patrouchev.
"A votre demande, nous avons apporté une aide précieuse au peuple syrien dans sa lutte contre le terrorisme", a déclaré M. Poutine.
Les deux dirigeants ont également souligné qu'un "processus politique" devait succéder aux opérations militaires.
A Vladimir Poutine qui assurait que la Russie est prête "à faire tout (son) possible non seulement dans la lutte antiterroriste, mais aussi dans le processus politique", M. Assad a répondu que "tout acte militaire doit être suivi par des mesures politiques".
Pour le dirigeant russe, un règlement politique n'est possible qu'"avec la participation de toutes les forces politiques, ethniques et religieuses" du pays, et le dernier mot doit "revenir au peuple syrien".
A Damas, la présidence syrienne a indiqué que M. Poutine avait informé M. Assad "qu'il s'entretiendrait avec les puissances internationales afin d'aboutir à une solution politique tout en combattant le terrorisme".
- Accord russo-américain -
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