Des migrants en pleurs devant des barbelés subitement tendus devant eux : Budapest a fermé lundi le principal point d'entrée de sa frontière avec la Serbie au moment où les pays européens, réunis à Bruxelles, tentaient d'apporter une réponse à l'afflux sans précédent de réfugiés.
A Röszke, où le passage par la voie ferrée d'une largeur d'une quarantaine de mètres était devenu le point de transit de la quasi-totalité des migrants pénétrant en Hongrie, une quinzaine de policiers hongrois en uniforme bleu empêchaient lundi le passage, pendant que d'autres agents tendaient des fils de fer en travers de la voie, selon des journalistes de l'AFP.
Des migrants arrivant de Serbie, désespérés, éclataient en pleurs en voyant que le passage n'était plus libre.
"On avait entendu que les Hongrois voulaient fermer leur frontière mais on nous disait que ça allait se passer mardi", s'étonnait Hassan, un Syrien d'une trentaine d'années.
Les migrants se dirigeaient alors vers un poste-frontière officiel, à 2 km de là, où ils étaient déjà plus d'un millier à la tombée du jour, le passage ne faisant qu'au compte-gouttes.
A Bruxelles, les Etats membres de l'UE, réunis pour un conseil extraordinaire, semblaient de leur côté se diriger laborieusement vers un "accord politique" pour accueillir 160.000 réfugiés, mais sans entrer dans le détail de leur répartition par quotas, selon le ministre allemand de l'Intérieur, Thomas de Maizière.
Les discussions se poursuivaient toutefois dans la soirée dans une ambiance tendue, plusieurs pays de l'est émettant des réserves, selon des sources diplomatiques.
La Commission européenne avait pourtant réclamé la semaine dernière des quotas contraignants, avec un chiffrage par pays, une option vivement rejetée par certains Etats.
"Nous n'avons pas atteint d'accord sur la fixation des quotas", a déclaré M. de Maizière, précisant que cette question serait réglée seulement lors d'une prochaine réunion des ministre européens de l'Intérieur le 8 octobre.
Les Etats membres ont confirmé lundi qu'ils allaient se répartir l'accueil de quelque 40.000 personnes, mais la Commission leur a demandé un effort supplémentaire pour en accueillir 120.000 supplémentaires parmi ceux se trouvant actuellement en Italie, en Grèce et en Hongrie.
- "Inaction" de Schengen -
"L'Allemagne est légitime à rétablir des contrôles, j'ai déjà eu à procéder moi-même à une décision similaire", a souligné le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.
Devenue en quelques semaines une Terre promise pour des réfugiés de plus en plus nombreux, l'Allemagne a justifié sa décision par "l'inaction" de l'UE.
Berlin a toutefois assuré que le rétablissement des contrôles ne signifiait pas que l'Allemagne fermait ses frontières aux demandeurs d'asile et aux réfugiés.
La volte-face de la chancelière Angela Merkel, confrontée à des problèmes logistiques et à la grogne de son camp politique, est survenue quelques jours seulement après qu'elle eut plaidé pour un accueil des réfugiés sans limite de nombre.
A la frontière germano-autrichienne, le retour des contrôles a déclenché embouteillages et protestations.
Sur le pont reliant l'Autriche à l'Allemagne entre Salzbourg et Freilassing, les chauffeurs devaient redécouvrir la patience, comme avant l'entrée en vigueur progressive à partir de 1985 des accords de Schengen.
Dès l'aube à Freilassing, des bouchons monstres s'étaient formés pour le contrôle des passeports et véhicules, les réfugiés étant orientés vers des centres d'accueil.
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