"Munich et la Bavière à eux seuls ne peuvent pas surmonter ce grand défi": la ville du sud de l'Allemagne a lancé samedi un appel à l'aide face à l'afflux continu de milliers de réfugiés, pour lesquels il n'y a plus assez de lits et de places d'accueil.
"Jusqu'à 13.000" réfugiés sont attendus en provenance d'Autriche dans la gare de la ville pour la seule journée de samedi, a indiqué dans la soirée à l'AFP une porte-parole du district de Haute-Bavière.
Ce chiffre égale par son ampleur le record enregistré dimanche dernier en 24 heures. Loin d'être une situation exceptionnelle, comme l'afirmait Berlin, l'afflux du week-end dernier n'était que l'amorce d'un phénomène appelé manifestement à durer.
Point d'entrée dans l'"Eldorado" allemand des demandeurs d'asile fuyant guerres et persécutions via les Balkans, la ville de Munich, débordée, n'exclut plus de devoir faire dormir les réfugiés dehors, protégés seulement par des couvertures isotherme, faute d'hébergements d'urgence en nombre suffisant. Une situation inédite en Allemagne, où 800.000 demandeurs d'asile sont attendus cette année.
"Il nous manque actuellement entre 1.000 et 5.000 hébergements d'urgence", a souligné la porte-parole. Devant l'afflux de réfugiés, dont de nombreux Syriens, l'Allemagne a réquisitionné des casernes, installé des containers d'habitations et monté des tentes.
Si le flux en provenance d'Autriche et de Hongrie ne tarit pas dimanche, l'Allemagne accueillera un nombre de réfugiés, en particulier syriens, comparable voir supérieur à celui du week-end précédent, soit environ 20.000, un record.
Au grand dam de certains pays d'Europe de l'Est, l'Allemagne a décidé d'ouvrir ses portes en grand aux réfugiés. Mais les autorités ont désormais du mal à faire face à l'afflux.
"Le problème ne vient pas d'eux (les Allemands), c'est juste qu'il y a trop de monde", explique à l'AFP Adel, un réfugié syrien de 22 ans.
"Nous pensons que 5.000 personnes ce soir ne sauront pas où aller" pour passer la nuit, prévient un haut responsable de l'administration locale, Christoph Hillenbrand.
Le maire social-démocrate de Munich, Dieter Reiter, s'est dit "très préoccupé par l'évolution de la situation". "Nous ne savons plus comment faire avec les réfugiés", a-t-il déclaré. Munich se plaint du manque de soutien des autres régions allemandes face à l'afflux record.
Toute prise en charge par d'autres régions de quelques centaines de réfugiés "nous aiderait à éviter le chaos", a-t-il dit à la gare.
Les médias allemands évoquent la possibilité qu'un grand centre ferroviaire soit mis en place dans le Nord de l'Allemagne pour désengorger le Sud. Il permettrait aux trains arrivant d'Autriche de poursuivre directement leur route vers le nord sans passer par Munich. Mais le gouvernement n'a pas confirmé.
Pour parer à l'urgence, la ville de Munich, avec l?aide de l?armée allemande, a installé des lits sur le site de la foire de la ville.
A la gare, quelques pancartes de bienvenue sont bien brandies par une poignée de personnes, mais on est loin des haies d'honneur géantes des derniers jours ou des vivats des habitants distribuant victuailles et jouets pour les enfants.
L'enthousiasme a fait place à une forme de routine: sitôt descendus des trains réguliers en provenance d'Autriche, les réfugiés sont conduits par la police vers de premiers centres d'accueil.
Malgré cet afflux "ils nous accueillent quand même, ils nous accueillent avec tout, de la nourriture, tout. Ils sont si gentils en Autriche et en Allemagne", s'émerveille Adel.
Faute de bus ou de conducteurs, certains réfugiés doivent marcher, en cortège de plusieurs centaines de personnes, escortés par des policiers, jusqu'à leur premier centre d'accueil.
Adel reste stoïque au milieu de l'effervescence et suit le mouvement. "On me dit qu'on va au centre d'accueil, qu'on va donner notre nom et avoir un numéro mais je ne connais pas encore les règles", dit-il.
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